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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 08:00

leo-ferre.jpg

 

Lénaïg m'a emballée avec son thème de la NUIT ! J'avais des tonnes d'idées pour écrire et puis beaucoup de poètes que je souhaitais mettre à l'honneur... Il fallait choisir.

J'ai fini par en sélectionner deux; le premier parce qu'il a toujours été boudé par les médias et que j'aime son oeuvre -  je n'en finis d'ailleurs pas de la découvrir - l'un et l'autre parce qu'ils ne touchent qu'un certain public.


Ce sont Léo Ferré et Grand Corps Malade que j'ai choisi de partager avec vous pour la poésie du jeudi de cette semaine.

 

 

"Il y a ceux qui ne peuvent pas supporter la nuit. Alors, ils l'enveloppent dans leurs draps de lit et ils dorment en la vitupérant, s'ils le peuvent...

Il y a ceux qui ne la connaissent pas et qui la prennent fatalement pour un silence du soleil.

Il y a ceux, enfin, qui ne vivent que pour elle, et dans elle, et qui la gardent précieusement loin des imbéciles.

Il y a la nuit, ma soeur, ma fidèle, qui parle aux poètes et à leur solitude. Ecoutez-la... si vous pouvez."

 

Léo Ferré

 

Ouvrez bien vos deux oreilles, il y a dans le slam de ce Fabien une grande poésie !

 

 

 

 

 

 


 

 


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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 08:00
Voilà. Noël est tout proche. Cohue dans les magasins. Enervement aux caisses de supermarchés. Queues interminables. Excitation des enfants, listes au Père Noël. Que font-ils dans ces chariots remplis de jeux et de jouets ?                                                                                  
                         Noël me semble un peu triste aujourd'hui. Il a perdu de sa magie.


Lorsque j'étais enfant, tout commençait par le sapin à décorer et, par l'installation de la crèche. J'ai grandi dans une famille de mécréants, pourtant en décembre, le petit Jésus entrait à la maison, comme chez tous les Provençaux. Il est vrai que nous n'attendions pas le 24 à minuit, heure de sa naissance... Nous l'installions, entre l'âne et le boeuf, couvé du regard par Marie et Joseph, en même temps que les autres santons. Toujours un dimanche. Il fallait que nous ayions le temps d'aller d'abord chercher la mousse dans la colline. Joyeuse promenade familiale.

Alors l'effervescence de l'attente commençait.


  Nous écoutions un disque de la Pastorale des santons de Provence. On y apprenait que Jésus était né à Bethléem, tout près de chez nous. Tout le monde sait bien que cet endroit se trouve dans le Sud de la France ! 

Et maman nous chantait cette chanson. Elle chantait faux mais nous trouvions cela magnifique. J'ai fait de même avec mes enfants et ma fille aînée qui m'a faite grand-mère, perpétue la tradition. Alors pour la poésie du jeudi, j'ai choisi de partager le texte avec vous.

 
Les petits santons 

Dans une boîte en carton,
Sommeillent les petits santons.
Le berger, le rémouleur
Et l'enfant Jésus Rédempteur.
Le Ravi qui le vit est toujours ravi.
Les moutons, en coton

 

Sont serrés au fond
Un soir, alors,                                                      
Paraît l'étoile d'or
Et tous les petits santons
Quittent la boîte de carton.
Naïvement, dévotement,
Ils vont à Dieu porter leurs voeux
Et leur chant, est touchant
Noël, joyeux Noël,
Noël joyeux de la Provence.

 

Le berger comme autrefois
Montre le chemin aux trois rois.
Et ces rois ont pour suivants,

 

Des chameaux chargés de présents.        
Leurs manteaux sont très beaux
Dorés au pinceau.
Et ils ont le menton
Noirci au charbon.
De bon matin,
J'ai vu passer leur train
Ils traînaient leurs pauvres pieds

 

Sur les gros rochers de papier.
Naïvement, dévotement,
Ils vont à Dieu porter leurs voeux
Et leur chant, est touchant
Noël, joyeux Noël,
Noël joyeux de la Provence.
Dans l'étable de bois blanc,
Il est là le divin enfant.
Entre le boeuf au poil roux
Et le petit âne à l'oeil doux.

 

Et l'enfant vagissant
Murmure en dormant.
"Les jaloux, sont des fous,
Humains aimez-vous."
Mais au matin,

 

Joyeux Noël prend fin
Et tous les petits santons
Regagnent la boîte en carton.
Naïvement, dévotement,
Ils dormiront dans du coton,
En rêvant, de doux chants.
Noël, joyeux Noël,
Noël joyeux de la Provence

 

Chaque année, j'ajoute un santon à ma crèche. C'est un bonheur que de le choisir puis de l'ajouter sur la mousse à ceux des années précédentes.

Certains de mes santons sont ceux de mon enfance.

 

 

. 

 index-pastorale.jpgJe n'ai pas résisté au plaisir de l'écouter à nouveau !

 

 
 
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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 08:00

 

 

A l'équipage de la coquille de noix.

Cette fois, j'ai compris la consigne ! Formidable ! Voici donc ma contribution et hissez haut les voiles, nous levons l'ancre. Cap sur une étrange histoire.

 

"The rime of the ancient mariner" a été écrit par le poète Britannique Samuel Taylor Coleridge entre 1797 et 1799. J'avais étudié ce texte lorsque je préparais ma licence d'anglais. Je l'ai redécouvert spécialement pour la poésie du jeudi et j'y ai pris beaucoup de plaisir. M'est venue l'envie de partager avec vous.


Ce long poème romantique qui décrit les aventures surnaturelles d'un capitaine de bateau comporte 8 parties. Il y est question de malédiction, de navire fantôme, de naufrage, de mort...

Je ne vous en donnerai qu'un extrait. Vous pourrez suivre le lien en fin de texte pour lire l'intégralité.

 

 

   Le Dit du vieux marin                 

 

C’EST UN ANCIEN MARIN ; trois jeunes gens passent, il en arrête un.


« Par ta longue barbe grise et ton oeil brillant, pourquoi m’arrêtes-tu ?
La porte du marié est toute grande ouverte, je suis son propre parent, les hôtes
sont arrivés, la noce est prête, n’entends-tu pas son joyeux bruit ? »


Le vieux marin serre le bras du jeune homme de sa main décharnée : « Il y avait
un vaisseau... dit-il. - Lâche-moi, ôte ta main, drôle à barbe grise ! »Et aussitôt la
main tombe.


Le marin retient le jeune homme avec son oeil brillant. Le garçon de noce demeure
tranquille et écoute comme un enfant de trois ans : le marin a sa volonté.


Le garçon de noce s’assit sur une pierre : il ne peut s’empêcher d’écouter ; et
ainsi parla le vieil homme, le marin à l’oeil brillant :


Le navire salué de cris avait franchi le port : gaiement nous laissâmes derrière
nous l’église, la colline et la tour du fanal.


Le soleil parut à notre gauche, s’éleva de la mer, brilla, et vint à notre droite se
coucher dans la mer.

 

[..............]

 

Bientôt il s’éleva une tempête violente, irrésistible. Elle nous battit à l’improviste
de ses ailes et nous chassa vers le pôle sud.


Sous elle, le navire, avec ses mâts courbés et sa proue plongeante, était comme
un malheureux qu’on poursuit de cris et de coups, et qui, foulant dans sa course
l’ombre de son ennemi, penche en avant la tête : ainsi nous fuyions sous le mugissement
de la tempête et nous courions vers le sud.


Alors arrivèrent ensemble brouillard et tourbillons de neige, et il fit un froid extrême.
Alors des blocs de glace hauts comme les mâts et verts comme des émeraudes
flottèrent autour de nous.


Et à travers ces masses flottantes des rocs neigeux nous envoyaient d’affreuses
lueurs : on ne voyait ni figures d’hommes, ni formes de bêtes. La glace, partout la
glace.


La glace était ici, la glace était là, la glace était tout alentour. Cela craquait, grondait,
mugissait et hurlait, comme les bruits que l’on entend dans une défaillance.


Enfin passa un albatros : il vint à travers le brouillard ; et, comme s’il eût été une
âme chrétienne, nous le saluâmes au nom de Dieu.


Nous lui donnâmes une nourriture comme il n’en eut jamais. Il vola, rôda autour
de nous. Aussitôt la glace se fendit avec un bruit de tonnerre, et le timonier
nous guida à travers les blocs.


Et un bon vent de sud souffla par-derrière le navire. L’albatros le Suivit, et chaque
jour, soit pour manger, soit pour jouer, il venait à l’appel du marin.


Durant neuf soirées, au sein du brouillard ou des nuées, il se percha sur les mâts
ou sur les haubans, et, durant toute la nuit, un blanc clair de lune luisait à travers
la vapeur blanche du brouillard.


« Que Dieu te sauve, vieux marin, des démons qui te tourmentent ainsi ! Pourquoi
me regardes-tu si étrangement ?

- C’est qu’avec mon arbalète, je tuai l’albatros.»

 

 

Pour ceux qui aimeraient connaître la suite voilà l'adresse du site sur lequel j'ai retrouvé l'intégralité du texte.

 

http://www.livres-et-ebooks.fr/ebooks/La_Complainte_du_vieux_marin-748/


 


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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 03:47

 

Je me sens un peu bête avec cette poésie du jeudi. Je n'arrive jamais à savoir s'il y a un thème ou pas. Cette fois comme les deux semaines précédentes, je me contenterai d'une poésie à thème libre...

Quelqu'un éclairera peut-être ma lanterne pour les prochaines semaines ?

 

J'ai écrit ce texte il y a bien longtemps. Je crois que je peux l'appeler "poème en prose". C'était un poème de chagrin, c'était aussi un poème d'amour. Je ne l'ai ni envoyé ni fait lire.

J'étais jeune et avais peur que l'homme à qui je le destinais ne le trouve ridicule. Je ne l'ai pas plus fait lire à qui que ce soit ni publié sur mon blog.

 

C'est donc un texte ancien mais une exclusivité. Bonne lecture à vous tous ! Et en prime, la chanson que nous chantions à l'époque, tant qu'à faire dans la nostalgie, hein !

 

 

 

Inquiétude

 

 

Un jour, tu es venu. Tu semblais aussi ardent que moi, aussi enthousiaste devant la vie. Tu semblais la prendre à pleines mains, mordre dedans à pleines dents. Tu étais beau, intelligent, romantique. Tu connaissais des choses que j'ignorais. Tu es venu... Que dire de plus ? Je t'ai aimé et tu m'as aimée. Tu étais liberté et indépendance. Tu étais amour et tendresse. Tu m'effleurais du bout des doigts, me souriais du bleu des yeux. Tes yeux qui pétillaient puis se perdaient au loin, plus loin... Je reposais ma folie au bord de la tienne et nous promenions sereins notre amour en pleine ville. Je garde de toi, le sourire moqueur, tes vingt ans, tes étreintes qui me cassaient les côtes, tes idioties qui me faisaient rire aux larmes. Tes chagrins racontés les soirs de cafard, et partagés.

Mon nostalgique, je garde les yeux rivés dans tes yeux. Leur bleu a viré au gris, comme avant les orages. Sauras-tu, saura-t-on, secouer les étoiles pour faire le ménage ?

 

 

 

 Pour la petite histoire, nous n'avons pas su secouer les étoiles, mais c'est tout de même un bien  joli souvenir !

 

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:00

 

prévert

 

 

 

Chasse à l'enfant

 

Bandit! Voyou! Voleur! Chenapan!

 

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux

Tout autour de l'île il y a de l'eau

 

Bandit! Voyou! Voleur! Chenapan!

 

Qu'est-ce-que c'est que ces hurlements

 

Bandit! Voyou! Voleur! Chenapan!

 

C'est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l'enfant

 

Il avait dit J'en ai assez de la maison de redressement

Et les gardiens à coups de clé lui avaient brisé les dents

Et puis ils l'avaient laissé étendu sur le ciment

 

Bandit! Voyou! Voleur! Chenapan!

 

Maintenant il s'est sauvé

Et comme une bête traquée

Il galope dans la nuit

Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes

 

Bandit! Voyou! Voleur! Chenapan!

 

C'est la meute des honnêtes gens

Qui fait la chasse à l'enfant

Pour chasser l'enfant pas besoin de permis

Tous les braves gens s'y sont mis

Qu'est-ce qui nage dans la nuit

Quels sont ces éclairs ces bruits

C'est un enfant qui s'enfuit

On tire sur lui à coups de fusil

 

Bandit! Voyou! Voleur! Chenapan!

 

Tous ces messieurs sur le rivage

Sont bredouilles et verts de rage

 

Bandit! Voyou! Voleur! Chenapan!

 

Rejoindras-tu le continent rejoindras-tu le continent

 

Au-dessus de l'île on voit des oiseaux

Tout autour de l'île il y a de l'eau.

 

Jacques Prévert

 


Pour la poésie du jeudi j'ai choisi ce poème de Jacques Prévert pour faire suite à l'article publié hier sur les pénitenciers d'enfants.

En 1934, au pénitencier de Belle-Ile-en-Mer, un enfant ose mordre dans un bout de fromage avant de manger sa soupe en silence. Les gardiens le rouent de coups. Les autres enfants se révoltent et une émeute éclate, 55 d'entre eux en profitent pour s'évader. L'administration organise alors une battue pour les retrouver. On promet une prime de 20 francs aux habitants de l'île et aux touristes pour chaque enfant qu'ils ramèneront.

Jacques Prévert  profondément choqué écrit alors ce poème.

 


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