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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 08:00

images      Le thème de la poésie du jeudi choisi par Enriqueta link cette semaine est  la superstition . Je vous propose un classique des écoles élémentaires. Les élèves l'adorent. Je leur fiche la frousse chaque fois que je la leur récite.

 

Conseils donnés par une sorcière

Retenez vous de rire
dans le petit matin !

N'écoutez pas les arbres
qui gardent les chemins

Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu'après minuit sonné

A la neige, à la pluie
ne tendez pas la main

N'ouvrez votre fenêtre
qu'aux petites planètes
que vous connaissez bien

Confidence pour confidence
vous qui venez me consulter,
méfiance, méfiance !
On ne sait pas ce qui peut arriver.

Jean Tardieu

 

3295018001_8dec99cd3f.jpg

 

Voici ensuite un petit poème personnel inspiré par le thème du jour.

 

J'étais sceptique,

un poil même ironique.

J'ai passé, repassé

sous l'échelle appuyée,

cajolé sans me lasser

un chat noir adopté,

posé mon sac à terre

au grand dam des commères.

 

Je confesse contrite,

j'étais sceptique,

un poil même ironique.

 

j'ai brisé mes miroirs,

posé, c'est pas malin,

le pied gauche hors du lit

dès le petit matin,

assisté au festin sans frémir

en treizième convive.

accepté en cadeau

d'une vieille marraine

des douzaines de mouchoirs.

 

Je confesse contrite,

j'étais sceptique,

un poil même ironique,

 

Dites-moi donc pourquoi alors

du ciel, les ennuis sont tombés,

au loin, mon bel amour a détalé,

de mon sac, l'argent a déserté,

mon humeur chaque jour s'est dégradée

et de mes pleurs les mouchoirs furent noyés?

Ah ! Vous êtes un peu sceptique, un poil même ironique !

Dites-moi donc pourquoi alors?

 

 

4719811085_2ab1d4c3fb.jpg

 

Petite précision: je ne suis pas superstitieuse. J'ai juste imaginé n'importe quoi pour coller avec le thème.

J'ai effectivement eu un chat noir. Je l'ai beaucoup aimé. Il m'a donné comme tous mes autres chats de la présence, de l'affection même, si j'ose. Je ne le tiens pas pour responsable de mes déboires. Pauvre matou !

Vous ne me verrez pas faire la queue pour jouer au loto le vendredi 13. Les autres jours non plus d'ailleurs....

Aucune superstition ne me fait peur : maison dite hantée, feux follets aperçus au cimetière d'un petit village où j'ai vécu, personnages soupçonnés de sorcellerie (j'ai connu ainsi une dame montrée du doigt dans le même village).

Je ne crois pas plus aux signes favorables: trèfles à quatre feuilles,  doigts croisés..... Je ne possède aucun gri-gri porte-bonheur. Bien sûr comme chacun, je fais un voeu lorsque je vois une étoile filante, pour la poésie de la chose, c'est tellement joli, pas parce que je crois que ce voeu sera exaucé.

 

J'ai peut-être tort. J'ai peut-être raison. De toutes façons, je ne me moque pas de ceux qui sont persuadés du pouvoir des choses, bénéfique ou maléfique. Chacun ses béquilles... Je ne nie pas une part d'incompréhensible, d'irrationnel. Je sais de drôles de choses.... de drôles de gens..... des coïncidences troublantes... Simplement, je ne pense pas à cela dans ma vie de tous les jours.

Par contre, je me suis bien amusée avec ce thème car j'ai fait des recherches sur les superstitions et il en est de très rigolotes !

 


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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 08:00

 

images-magritte-2.jpg

 

Captain Tricôtine et son Néon à la barre de la Coquille link nous proposent le thème "Fenêtre" ou "A la fenêtre".

Immédiatement des oeuvres de Magritte se sont imposées à mon esprit. Celle-ci entre autres découverte lorsque j'avais quinze ans et qui m'a longtemps fascinée. Une reproduction ornait ma chambre et j'ai passé des heures à la contempler !

J'ai aussi pensé à la chanson de Jacques Brel "les fenêtres". Victor Hugo, Baudelaire et Eluard se sont rappelés à moi. Et puis, j'ai farfouillé sur le net. Et j'ai décidé de partager avec vous toute autre chose....

Toutes les illustrations sont des images d'oeuvres de René Magritte glanées sur la toile.

 

Le rideau de ma voisine


Le rideau de ma voisine
Se soulève lentement 

Elle va, je l’imagine, 

Prendre l’air un moment.

On entr’ouvre la fenêtre :  

Je sens mon cœur palpiter.
Elle veut savoir peut-être
Si je suis à guetter.
 

 

Mais, hélas ! ce n’est qu’un rêve ;
Ma voisine aime un lourdaud,
Et c’est le vent qui soulève
Le coin de son rideau.

                Alfred de Musset

images-magritte-5.jpg

 

La fenêtre fermée

La fenêtre fermée n’en réfléchit pas moins
Le monde qu’elle tient à l’écart d’elle-même
Les gens qui n’en finissent jamais de passer
Le ciel qui ne sait s’arrêter d’être ciel
Et la maison d’en face à l’ancre de ses pierres
De son toit de ses murs de son poids de maison

La fenêtre fermée n’est pas très sûre d’elle
Ni d’être ce qu’elle est ni de voir ce qui passe
La fenêtre fermée tournée vers son envers
Donne à la nuit dedans des nouvelles du jour
Et parle à la chaleur du froid qu’il fait dehors

La fenêtre fermée réfléchit lentement
Et triste traversée taciturne tapie
Rêve de retenir et de garder pour elle
(rien qu’un petit moment préservé de s’enfuir)
Ce chat ou cet enfant qui marchent dans la rue
Et traversent son eau sans y laisser de trace.

                        Claude Roy

 

 

images-magritte-4.jpg

 


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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 08:00

01-flocon.jpg      Il a neigé


Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle.
Le toit, les ornements de fer et la margelle
Du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc
Sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc.
Le grésil a figé la nature, et les branches
Sur un doux ciel perlé dressent leurs gerbes blanches.
Mais regardez. Voici le coucher de soleil.
À l'occident plus clair court un sillon vermeil,
Sa soudaine lueur féérique nous arrose,
Et les arbres d'hiver semblent de corail rose.


François Coppée

 

flocon-2.jpg

 

La neige au village


Lente et calme, en grand silence,
Elle descend, se balance
Et flotte confusément,
Se balance dans le vide,
Voilant sur le ciel livide
L'église au clocher dormant.
Pas un soupir, pas un souffle,
Tout s'étouffe et s'emmitoufle
De silence recouvert...
C'est la paix froide et profonde
Qui se répand sur le monde,
La grande paix de l'hiver.


Francis Yard

 

flocon-3.jpg

 

 

Neige


Sur la musique du silence
Dansent, dansent les flocons blancs
Qui se balancent
Et qui s’en vont
Tisser une douce couverture
Pour la terre qui s’endort
Sur la musique du silence
Dansent, dansent les flocons blancs.


Jacqueline Mériot

 

 

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 08:00

 

loup 4 Cette quinzaine, Fanfan est à la barre de la Coquille  link  et elle nous propose le thème de l'hiver pour la poésie du jeudi.

J'ai eu beaucoup de difficultés à sélectionner UN poème, d'autant plus que j'avais passé pas mal de temps à récolter sur le sujet de quoi en proposer plusieurs à mes élèves.

Finalement, je suis incapable de choisir ! Voici donc un petit florilège illustré par des images trouvées sur la toile. J'ai supprimé volontairement tous les poèmes sur le thème de la neige puisque ce sera celui de la semaine prochaine.

 

 

 

Croquis de janvier, Guy-Charles Cros


Tout est dur, clair, sans voix, et mort ;
l'hiver est fermé comme un livre.
On dirait que la vie a tort
de vouloir encor vivre.

Le fleuve est pris ; le ciel si bas
pèse sur les étendues blanches...
Un oiseau pourtant chantera
en avril, dans les branches.

 

 

 pinson-en-hiver.jpg

 

La mort des oiseaux, François Coppée


Le soir, au coin du feu, j’ai pensé bien des fois
A la mort d’un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l’hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,
Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d’avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

 

reveaucoinduf

Camille Claudel

 

Où donc est passé le feu ?

Où donc est passé le feu ?
Je n'ai pas de cheminée !
Quand l' hiver au gros nez bleu
Vient à la fin de l'année,

Quand décembre blanc et noir
vient siffler devant ma porte
et quand la tempête emporte
les arbres au fond du soir,

je m'en vais à ma croisée,
je suis triste un petit peu,
je n'ai pas de cheminée.
Où donc est passé le feu ?

Pierre Gamarra ("La tarte aux pommes", 1977 - L'école des loisirs)

 

 

Calme intérieur

Tout est calme
Pendant l'hiver
Au soir quand la lampe s'allume
À travers la fenêtre où on la voit courir
Sur le tapis des mains qui dansent
Une ombre au plafond se balance
On parle plus bas pour finir
Au jardin les arbres sont morts
Le feu brille
Et quelqu'un s'endort
Des lumières contre le mur
Sur la terre une feuille glisse
La nuit c'est le nouveau décor
Des drames sans témoin qui se passent dehors.

Pierre Reverdy ("Plupart du temps" - Gallimard, 1969 - poèmes écrits de 1915 à 1922)

 

pieds-sdf.jpg

 

L'hiver est encore plus rude pour eux, ne les oublions pas !


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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 08:00

ecosse 081

 

 

Tricôtine à la barre de son nouveau bateau "Tricots Malins" link nous invite, à partager une poésie sur le thème du ... je vous le donne en mille..... du FIL !

Evident pardi !

J'ai bien cru ne rien trouver et puis.... ce joli poème découvert sur la TOILE.

Le voici pour vous, c'est un plaisir de le partager.

 

ecosse 080

 

La tisseuse

 

A la septième lune, l'été reste brûlant.

Tout le jour, la tisseuse est à son métier.

Sans même coiffer ses cheveux en désordre,

De sa main écartant d'abondantes sueurs.

 

Les oiseaux de la saison chantent,

Les fleurs de grenadier flamboient.

Mais penchée sur le fil qui court,

Comment se réjouir des sons et des couleurs?

Elle tisse les pièces de soie

Qui vont habiller jeunes et vieux.

 

La nuit sa lampe aux lueurs bleues éclaire la navette,

Les grillons crissent devant sa fenêtre.

Qu'aura-t-elle pour tant d'efforts?

Tout juste de quoi se couvrir.

 

Mariée à un paysan,

Elle peine tout au long de l'année.

 

CHAO MENG FU (1254-1322)

 

ecosse 082

 


Photographies personnelles prises en Ecosse lors d'un voyage d'étude

Pays éloigné de l'Asie mais ... LE FIL... comme FIL conducteur !

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 08:00

 

 

images-ecoper.jpg     Image empruntée sur le net site "Les carnets de l'aventure"

 

 

Ma barque a fait un peu naufrage ces derniers temps.Elle prend l'eau. J'écope. Pour l'instant, je ne sombre pas. Je crois que je vais parvenir à rejoindre le rivage. Non ! J'en suis sûre ! INCREVABLE ! Je ne vais pas baisser les bras, non ? Manquerait plus que ça ! Alors, j'écope, j'écope, j'écope....

 

Je n'ai rien écrit, rien lu sur le blog. Tout s'acharnait contre moi. Une sale bronchite que je n'ai pas encore fini de guérir et puis surtout de gros soucis pour la santé d'un membre de la famille... mes enfants désemparés, mon impuissance... pas facile. Envie, besoin de lâcher prise. Au lit avec un bouquin à 19h00. Ne plus penser. Oublier avec des romans, fondre mes soucis dans la vie fictive des autres...  Mais, des heures au téléphone à essayer de consoler, d'aimer assez...  Être lucide. Savoir que... Tousser, se réveiller, téléphoner encore, grelotter malgré la chaleur, fièvre et frissons. Rester solide.

Travailler toute la journée malgré tout, puisque, et cela n'aura échappé à personne, c'est la rentrée.

 

Cette année encore, j'y ai survécu ! VICTOIRE !

 

L'administration a été bonne avec moi: on m'a exceptionnellement accordé une "décharge de direction" pour une semaine. Non, non, ce n'est pas une poubelle ! Quoique parfois, je me dis... Pauvre nana ! Comme beaucoup d'autres, elle est en surnombre. Elle a réussi son concours, elle a réussi sa formation. La voici titulaire depuis six ans déjà. Mais sans poste. Évidemment puisqu'ils ont supprimé tant et tant de postes !

Alors, elle vient dans mon école une demi journée par jour et fait classe à ma place. Pendant ce temps, bravette, je gratte du papier, pianote sur l'ordinateur, téléphone encore. A la mairie, à l'inspection, aux parents d'élèves, aux fournisseurs, à la mairie à nouveau. Je liste, inscris, radie. Je fiche, archive, classe.

C'est palpitant, et je raconterai tout cela dans un prochain billet. Pour l'instant c'est à l'appel d'Eglantine que je dois répondre et l'appel est à la liberté.

 

Voici donc ma poésie du jeudi, de circonstance...

 

La rentrée de Pierre Ruaud

 

Je voulais dans mon cartable

Emporter mes châteaux de sable

Mon cerf-volant, mes coquillages

Et le portique de la plage

 

Maman m'a dit

C' n'est pas permis

Et puis tout ça

ça n'rentre pas

 

Alors j'ai pris un beau stylo

Pour le goûter quelques gâteaux

Et que des choses raisonnables

Plus trois petits grains de sable

 

 



 
 
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 08:00

 

moi.JPG  Lilou nous propose de partager un poème sur le  thème "Pourquoi j'aime..."

Je tourne et vire depuis une semaine. Je ne sais qu'écrire.

Le thème est joli. Pourquoi j'aime... Je n'en sais rien.

 

 

j-aime-la-vie.jpg

 

 

J'aime l'été, la chaleur sur ma peau dorée,

L'eau fraîche pour me désaltérer,

J'aime l'hiver, le feu dans la cheminée,

Le chocolat chaud pour me réchauffer,

J'aime l'automne, l'orangé des feuilles tombées,

Et la nostalgie du temps écoulé,

J'aime le printemps, le duvet des bourgeons nouveaux-nés,

Ses fleurs pour mes yeux enchantés,

J'aime la mer aux reflets argentés,

Sur ma peau sentir son goût salé,

J'aime les forêts, la mousse pour me reposer,

Les chemins pour me promener,

Entendre les oiseaux chanter,

J'aime les petits villages, leurs trésors camouflés

Merveilles au détour d'un sentier,

J'aime rêver, chanter, danser,

Parler, marcher, flâner,

J'aime regarder, écouter,

J'aime les rencontres inopinées,

Les mains tendues, serrées,

Les regards échangés,

Découvrir ce qui m'est étranger,

J'aime laisser ma plume courir sur le cahier,

Trouver les mots pour pouvoir conter,

Les histoires qui m'ont été données,

J'aime la solitude et la liberté,

J'aime tout autant la solidarité,

Mes enfants, mes parents et les grandes tablées,

Les petits plats mijotés, lever mon verre et trinquer,

J'aime la musique, les notes égrénées,

Les mélodies qui me font vibrer,

Il y en a pour danser, d'autres pour pleurer,

J'aime la sagesse des vieux tout ridés,

La hardiesse des jeunes exaltés,

La confiance de l'enfant rassuré,

J'aime le courage de se révolter,

Sans craindre d'avoir à le payer,

J'aime l'amour toujours recommencé,

L'amitié, recevoir et donner,

J'aime le présent, le futur, le passé,

J'aime la vie sans jamais m'en lasser,


Pourquoi j'aime ?

 PARCE QUE !


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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 22:21

 

vacances 0491

 

En retard cette semaine pour répondre à l'appel de Lilou: par les chemins de campagne.

 

Mon choix s'est porté sur un extrait du roman de Jean Giono "Que ma joie demeure".

J'espère que je ne me trompe pas en pensant qu'on a droit à la prose aussi, le jeudi !

 

" Derrière eux, le verger, ses fleurs et les serpents noirs des branches, l'ombre du verger, une ombre flottante et douce, non pas noire mais verte comme la lumière au fond d'un ruisseau. Les arbres ne bouchaient pas le ciel. Ils étaient sur un fond de collines et de montagnes. Les collines, avec leurs landes à genièvre, les petits champs labourés, les bosquets et les forêts d'yeuses ressemblaient à des tapis de laine bourrue et mordorée comme on en fait pendant les soirées d'hiver avec les déchets de la fileuse. La montagne, c'était encore en cette saison de la glace pure. On voyait un petit village là-haut dans les plus hautes collines, à cet endroit perdu. Il était rond, crénelé et roux comme la couronne qu'on voit sur la tête des rois dans les images. A un autre endroit, la fumée suintait d'à travers le couvercle bosselé d'yeuse. Ce devait être le campement de quelque bouscatier. Du côté de l'est, les arbres, les guérets, les rochers même verdoyaient à travers le ruisseau de lumière qui jaillissait du soleil penché, coulait directement à même la terre. Mais à mesure qu'on s'en allait vers l'ouest, tous les détails du monde lointain se séparaient l'un de l'autre par des ombres, des jeux de couleurs, et l'on ne voyait plus que la masse verdoyante et lisse de la colline, mais on pouvait distinguer un arbre et sa forme, on pouvait presqu'en voir le balancement, on voyait l'ombre des chênes sur les prés, le petit tapis d'herbe profonde à côté des fermes solitaires, la couleur des murs, le corps anguleux des maisons et le miroitement des pigeonnier dont le crépi était constellé de morceaux de verres pour que le soleil, rouant dans ses effets, attire du plus loin des bois les pigeons sauvages. On pouvait s'imaginer toute la vie humaine; là-bas, sous les arbres et à travers les hautes herbes l'entendre marcher dans ses mille chemins avec son froissement de fourmilière."

 

vacances2006-062.jpg

 


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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 12:00

Lénaïg a dit : VOYAGE , plaisir du DEPAYSEMENT, j'ai eu en tête les vers de Beaudelaire:


" Mon enfant, ma soeur,

  Songe à la douceur

  D'aller là-bas vivre ensemble ! "


Et puis, je me suis dit que j'avais du temps et que j'allais fouiner, chercher, butiner et ramener mon miel pour les Croqueurs... J'ai tant et tant butiné que je me suis perdue en route.... Voici donc une participation diverse et variée... Et un peu, un tout petit peu, en retard !

 

"En route, le mieux c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises et c'est alors, mais alors seulement, que le voyage commence."

(Nicolas Bouvier)

 

 

vacances2006-070-copie-1.jpg

 

Le relais


En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ;
Puis entre deux maisons on passe à l’aventure,
Des chevaux, de la route et des fouets étourdi,
L’oeil fatigué de voir et le corps engourdi.

 

Et voici tout à coup, silencieuse et verte,
Une vallée humide et de lilas couverte,
Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, -
Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !

 

On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre,
De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre,
Et sans penser à rien on regarde les cieux…
Hélas ! une voix crie : “En voiture, messieurs !”

 

Gérard de Nerval, Odelettes

 

ecosse 122

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VOYAGES


Un train siffle et s'en va, bousculant l'air, les routes,
L'espace, la nuit bleue et l'odeur des chemins ;
Alors, ivre, hagard, il tombera demain
Au cœur d'un beau pays en sifflant sous les voûtes.


Ah ! la claire arrivée au lever du matin !
Les gares, leur odeur de soleil et d'orange,
Tout ce qui, sur les quais, s'emmêle et se dérange,
Ce merveilleux effort d'instable et de lointain !


- Voir le bel univers, goûter l'Espagne ocreuse,
Son tintement, sa rage et sa dévotion ;
Voir, riche de lumière et d'adoration,
Byzance consolée, inerte et bienheureuse.


Voir la Grèce debout au bleu de l'air salin,
Le Japon en vernis et la Perse en faïence,
L'Égypte au front bandé d'orgueil et de science,
Tunis, ronde, et flambant d'un blanc de kaolin.


Voir la Chine buvant aux belles porcelaines.
L'Inde jaune, accroupie et fumant ses poisons,
La Suède d'argent avec ses deux saisons,
Le Maroc, en arceaux, sa mosquée et ses laines…


 Anna de NOAILLES

 

les-vieux-salins-006.jpg

 

L'écolier

 

J’écrirai le jeudi j’écrirai le dimanche
quand je n’irai pas à l’école
j’écrirai des nouvelles j’écrirai des romans
et même des paraboles
je parlerai de mon village je parlerai de mes parents
de mes aïeux de mes aïeules
je décrirai les prés je décrirai les champs
les broutilles et les bestioles
puis je voyagerai j’irai jusqu’en Iran
au Tibet ou bien au Népal
et ce qui est beaucoup plus intéressant
du côté de Sirius ou d’Algol
où tout me paraîtra tellement étonnant
que revenu dans mon école
je mettrai l’orthographe mélancoliquement

 

Raymond Queneau


cassis-001.jpg

 

"Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain."

(Roland Dorgelès)

 

Cliquer sur la flèche pour commencer à écouter

 


 


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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 08:00

prévert

 

 

Après beaucoup d'hésitations voilà que je reviens à Jacques Prévert pour le deuxième jeudi en poésie sur le thème "délurée" de Julien.         link vers Commios

Le poème suivant est le premier que j'ai appris librement, sans obligation, juste pour le plaisir, au temps lointain du collège.

Ce qui m'amuse, c'est de me dire que je dois à une institutrice de campagne qui n'avait rien d'une rebelle ce goût pour les poésies de Prévert. Elle nous avait donné à apprendre "Le cancre" et plus tard "Chasse à l'enfant".

Heureuse innocente !  Je lui dis grand merci.

 

Je suis comme je suis


 

Je suis comme je suis

Je suis faite comme ça

Quand j'ai envie de rire

Je ris aux éclats

J'aime celui qui m'aime

Est-ce ma faute à moi

Si ce n'est pas le même

Que j'aime à chaque fois

Je suis comme je suis

Je suis faite comme ça

Que voulez-vous de plus

Que voulez-vous de moi

 

Je suis faite pour plaire

Et n'y puis rien changer

Mes talons sont trop hauts

Ma taille trop cambrée

Mes seins beaucoup trop durs

Et mes yeux trop cernés

Et puis après

Qu'est-ce que ça peut vous faire

Je suis comme je suis

Je plais à qui je plais

 

Qu'est-ce que ça peut vous faire

Ce qui m'est arrivé

Oui j'ai aimé quelqu'un

Qui quelqu'un m'a aimée

Comme les enfants qui s'aiment

Simplement savent aimer

Aimer, aimer ...

Pourquoi me questionner

Je suis là pour vous plaire

Et n'y puis rien changer.

 


 

Cliquer pour démarer               

 

 


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