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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 21:30

 

escapade-aout-2013-235.JPG

 

Mon premier roman est en vente par souscription jusqu'au 20 mars sur le site de Bibliocratie.

Je dois arriver à 50 exemplaires pour qu'il soit édité. Quasi de l'artisanat.

J'ai bien l'impression que ça va le faire, ceux qui attendaient début mars (et leur salaire) pour souscrire s'y mettent depuis hier et d'autres promesses arrivent.

Si cela vous intéresse, je joins le lien. Et si vous ne souscrivez pas, vous pouvez toujours aller jeter un oeil pour voir de quoi il s'agit.       link

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 22:06

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Le loup… oh, vous savez, c’est un animal, c’est tout… Vous dire comment il est ? Ce n’est pas facile. Il faudrait vous raconter les merveilleux petits chevaux de la grotte de Lascaux. Cela ne suffirait pas. Je le sais déjà. Je convoquerais alors le terrible Fenrir des légendes nordiques, le loup bleu, le loup gris des froides contrées sibériennes, et aussi Attatük, et les dynasties chinoises... Vous pleureriez sur la chèvre de Monsieur Seguin, nous ririons ensemble d’Isengrin roulé par le renard.

Parler du loup ? Ah mes amis ! Avez-vous du temps libre devant vous ? Etes-vous prêts à vous asseoir autour de la cheminée ? Laissez-moi vous dire… Mais d’abord, deux mots sur ma petite personne. Pourquoi ? Pas grand-chose, rien d’exceptionnel. Je suis comme tout le monde. Enfin, comme beaucoup. Le loup me fascine.  Et il vaut mieux commencer par là.

 Est-ce le mythe de la liberté qui lui est accolé ? Celui de sa puissance ou le mystère qui s’y attache ?

Est-ce parce que l’homme l’a pourchassé puis éradiqué en France ? Ou bien parce qu’il est injustement accusé des pires horreurs ? Je n’en sais rien. D’aussi loin que remontent mes souvenirs, cet animal m’attire.

J'aime le loup. Celui qui a de grosses dents, se déplace sans bruit et croque les petites filles. Celui qui hante les bois et hurle les nuits de pleine lune. Celui qui a pactisé avec le diable, qu’on traque, qu’on empoisonne, qu’on piège, dont on dissimule le cadavre pour ne pas se faire prendre car enfin, après l’avoir éradiqué,  voilà que les autorités se sont décidées à le protéger.

LE LOUP…

C’est drôle comme tout a commencé. Enfant, je n’aimais pas que la maman des Sept Biquets lui ouvre le ventre et le remplisse de grosses pierres. Il devait avoir mal, c’était sûr ! Quand on me racontait l’histoire du Petit Chaperon Rouge, j’avais beaucoup de peine pour lui... Pensez, une fois encore, il se retrouvait avec la panse fendue du menton au nombril pour libérer la fillette et son aïeule ! Et moi, j’imaginais son agonie avec horreur, les tripes à l’air et le sang qui giclait… non, décidément, je n’arrivais pas à penser que c’était bien fait !

Le temps a passé, j’ai grandi avec au fond de moi une tendresse pour la bête un peu nigaude que le renard roulait dans la farine, que le chasseur éventrait, qui se noyait chargé du poids des pierres de Mère Chèvre...

Le loup n’existe pas, me disaient alors les grandes personnes. On les a tous tués, ajoutaient-elles pour me rassurer. Et moi, grande bestiasse sentimentale, je trouvais cela triste, terriblement triste... Je voyais bien que les autres enfants se réjouissaient de la mort du loup toujours recommencée.

 Ils n’auraient pas compris que j’émette  la moindre réserve. Alors je me taisais mais comme je l’aimais ce banni...


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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:00

 

le-defi

 

 

La toile se dévoile

 

"Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin..." Paul Eluard

 

Dimanche, fin d'après-midi. Le temps était toujours aussi poisseux. Il faisait chaud mais il pleuvait par intermittence. Il n'arrivait pas à s'éloigner de cette fenêtre. Il observait la rue. Les rares piétons se pressaient. Parfois, une voiture passait. Elle s'arrêtait au stop, il retenait son souffle, son coeur battaient la chamade. Elle redémarrait, un soupir lui échappait. Emma ne disait pas un mot. Seul, le bruit des pages qu'on tourne troublait le silence. Cela lui était insupportable. Il aurait préféré qu'elle pleure, qu'elle se lamente, qu'elle gémisse... Mais imperturbable, elle lisait.

Ils ne tarderont plus à arriver.

Maintenant qu'il le lui avait dit, il n'osait se retourner. Elle ne lui avait même pas répondu. Avait-elle seulement levé le nez de ce foutu livre qu'elle n'avait pas lâché de tout le weekend ? Il était prêt à parier que non.

Il savait que ce serait difficile mais il ne se doutait pas à quel point. Est-ce qu'elle se rendait compte de la situation? Il ne le savait pas. Elle n'avait montré aucune surprise. Elle avait juste sourit tristement et avait dit: "Bon, attendons". Puis elle s'était assise sur le lit, avait croisé les bras et s'était tue. Il avait vérifié la fermeture de la porte, avait poussé avec difficulté la petite armoire devant pour plus de sécurité. Plus tard, elle avait sorti le livre de son sac.

Il était certain qu'ils les retrouveraient. La seule chose qu'il ignorait, c'était quand. Et leur attente durait depuis vendredi soir. Et depuis vendredi soir, Emma lisait. Elle ne s'était interrompue que pour grignoter rapidement les casse-croûtes qu'il avait eu la présence d'esprit de préparer avant leur fuite. Elle avait dormi toutes les nuits aussi. Comment y était-elle arrivée ? Lui, avait tourné longtemps, s'était relevé, avait marché vers la fenêtre scrutant l'obscurité avant de se coucher à nouveau puis de se relever. Cent fois. Il fouillait l'ombre, traquant le moindre mouvement suspect. Ces types étaient implacables, il le savait. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris d'aller porter à la police la valise qu'ils lui avaient confiée à l'aéroport ?

Il avait eu peur voilà tout ! Et cela n'avait fait qu'empirer depuis. Le commissaire avait dit qu'il les protégerait mais il n'avait pas confiance. Alors, ils avaient fui. Et depuis ils se cachaient.

Il était retourné à la fenêtre. Il ne pleuvait plus. Un réverbère répandait une lumière glauque sur l'asphalte. Un bruit métallique avait retenti dans le silence de la nuit et il avait sursauté. Ce n'était qu'un chat qui fouillait les poubelles, il avait fait tomber une boîte de conserve. Elle roulait maintenant dans le caniveau. Il était retourné vers le lit. Il lui était impossible de se coucher. Emma dormait, lovée en boule sous la couverture, le visage détendu. Par moment il lui avait semblé qu'elle souriait. Où trouvait-elle cette force ? Était-elle complètement inconsciente du danger ? Tel un veilleur, il avait passé la fin de la nuit derrière les carreaux.

Au matin, il s'était étonné d'être encore en vie. Emma lui avait souri. "Bonjour mon amour ", avait-elle murmuré. Et elle n'avait plus ouvert la bouche. Depuis, elle lisait à genoux sur le parquet, le dossier d'une chaise en guise de pupitre.

Il jeta un rapide coup d'oeil par-dessus son épaule. Emma venait de tourner la page. Son visage lisse paraissait si jeune. Dire qu'ils allaient mourir et que c'était sa faute. Elle ne vit pas son regard consterné, elle était complètement absorbée par la lecture. Il retourna au spectacle de la rue. Un groupe de jeunes garçons remontait le trottoir en courant. Une moto marqua le stop. Une fourgonnette arrivait en sens inverse. La buée qu'il faisait en respirant rendait la vitre opaque. Il se déplaça légèrement. La camionnette se gara. Personne n'en descendit et il trouva cela étrange. Le motard fit demi-tour. Il sentit ses poils se dresser.

"Maintenant" pensa-t-il. Il appela Emma, elle posa le livre avec regret, s'approcha de la fenêtre à son tour et lui prit la main.

"Comment fais-tu pour rester aussi calme?" lui demanda-t-il.

"Avec toi, je n'ai peur de rien, mon amour" murmura-t-elle.

Au même moment, la portière latérale de la camionnette s'ouvrit et un homme en surgit une mitraillette à la main.

Il y eut un éclair blanc, un bruit assourdissant, la fenêtre vola en éclats. Il sentit le goût du sang dans sa bouche. Il n'eut pas le temps de voir Emma s'écrouler. Il n'eut le temps de rien. Il avait fini d'attendre derrière la fenêtre.

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 17:24

transats plage

Nous aurions, côte à côte, savouré l'été naissant

 

Aujourd’hui, date anniversaire. 24 ans de silence. Et c’est comme si c’était hier… Bien sûr, depuis, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai aimé, j’ai espéré... Pourtant, j’aime la vie encore ! Oh oui, que je l’aime ! Mais tu n’es plus là, témoin privilégié. Toi qui seule savais… Grandir ensemble, crée des liens qui ne se dénouent  jamais. Tu étais la petite et j’étais la grande. Unies de délires communs et de fous rires, d’enfance et d’histoire partagée. Acoquinées, soudées, complices. Destinées à vieillir ensemble de près ou de loin. Peu importait. Ce que nous étions l’une pour l’autre supportait les distances.

Différentes mais complémentaires. La fragile n’est pas celle qu’on croit. Tu me donnais l’élan, je t’apportais la ténacité. Ce qu’on faisait, on le faisait. Et c’était bien fait. Je t’avais connue bébé, tu m’avais connue enfant et cela nous donnait le droit… le droit de dire qu’on n’était pas d’accord et de s’engueuler. Mais aussi le droit de téléphoner à minuit parce qu’on se sentait triste. Et l’autre, celle qu’on avait réveillée, et bien l’autre, elle écoutait, elle consolait. On ne raccrochait jamais sans avoir entendu l’écho d’un rire au bout du fil. On pouvait aussi s’annoncer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit l’achat d’une petite robe, un amour naissant, une grossesse toute neuve qui nous comblait de joie… Et l’autre, comme nous, exultait !

Nous pouvions nous déchirer, nous pouvions partir en claquant la porte mais toujours, nous nous retrouvions. Colère pardonnée. C’était le temps d’avant. Le temps où tu étais là. Le temps de la complicité et du bonheur.

 

Et puis… la route... La route mangeuse d’hommes, dévoreuse de femmes, avide d’enfants...

 

 Je m’en souviens : ce soir-là, 1 juillet 1988, les grandes vacances commençaient. J’étais contente... Le téléphone a sonné... « Elle ne se réveillera plus jamais. »

Je n’oublie pas cette phrase terrible et la voix de papa….déchirante, ravagée. Voilà 24 ans qu’elle résonne dans ma mémoire, saccageant en un instant ce qui faisait nos vies. Tu ne t’es pas réveillée… Et je ne suis pas sûre que tu avais le droit de nous faire ça...


Il faudrait s’y résoudre, dire qu’on n’y peut rien, que c’était ton destin… Je ne le peux pas. Ce n’était pas écrit, cela ne se peut pas. C’est juste une belle saloperie !

Pas un jour sans que ton nom naisse sur mes lèvres et ce n’est pas triste. Tu m’accompagnes jour après jour, année après année. Je continue à te parler. Je te raconte mes secrets, mes joies, mes peines. Tu sais qui j’ai aimé, qui j’ai détesté. Tu n’ignores rien de ceux qui m’ont donné du bonheur et de ceux qui m’ont fait souffrir. Tu sais mes combats, mes espoirs, mes galères. Tu applaudis mes victoires.  Je me dis que tu mourrais tout à fait si les choses étaient autrement. Alors je parle de toi, souvent. A ceux qui te connaissaient, mais aussi aux autres.

 

Hier,  j’étais avec papa et maman. Ils ont vieilli tu sais… Depuis ton départ, la flamme espiègle au fond de leurs yeux a disparu. Comme d’habitude, nous avons un peu triché. Alors, la journée a été gaie.  Me voici donc fille unique. Je n’en guérirai pas. J’essaie pour compenser de vivre ce que tu ne vivras pas. Je le vis pour moi et puis pour toi. Car c’est bien toi la plus à plaindre. Ces années, c’est à toi qu’elles furent volées…  Il te restait tant à faire ! Tu n'as pas vu grandir ton fils, tu ne connaîtras jamais la joie d'être grand-mère, tu ne feras pas ces voyages qui te faisaient rêver... Tellement d'autres choses encore ne seront jamais tiennes.  D'un autre côté, tu as le privilège de ne pas vieillir. Pour nous qui t'aimons tant, tu restes avec ta longue silhouette et ton visage enfantin, la petite jeunette... T'en as du bol, tu vois... J'aimerais pouvoir me dire qu'un jour nous serons à nouveau réunies. Hélas, je n'espère pas te retrouver. J'ai essayé, tu sais, après ton départ, de croire à ces choses-là. Mais je n'ai pas réussi. Définitivement, je ne crois pas en l’au-delà. Alors, c’est ici et maintenant que je veux te faire vivre, encore un peu, par procuration…

 

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La poésie du jeudi - à ma poussière d'étoile

 

Nathalie, ma sœur, était aussi ma meilleure amie. Je ne crois pas me tromper en disant que j'étais pareillement la sienne. Le 1° juillet 1988, sur la route, à quelques kilomètres au sud de Madrid, sa vie s’est arrêtée. Elle avait 26 ans.


24 ans d’absence. Qui a dit que le temps guérissait tout ? On s’habitue, c’est tout !

Et puis, même ça, ce n’est pas vrai. On ne s’habitue pas du tout ! Elle me manque terriblement...


En ce jour anniversaire, j’avais envie de lui parler et de partager ces mots avec vous.


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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 08:00

le-defi

 

 

Comme le tour du monde a été fait en 80 jours, je vous propose de faire le tour de vous même en 80 mots (attention pas un de plus, pas un de moins).

Voilà ce que nous propose ABC link pour ce dernier défi avant les vacances.

Il faudrait donc parler de moi et en quatre-vngt mots faire le tour ...

Au premier abord: mission impossible. Et puis ...

 

vacances2006 0591

 

  Essai numéro 1

 

Des histoires et des mots

Des livres, des tableaux,

Et les vieux châteaux…

 

L’herbe verte des montagnes,

La cigale dans la campagne,

La falaise grignotée, la mer en colère…

 

L’aquarelle du jour qui se lève,

L’incendie du soleil qui se couche,

Des rires, des chants…

 

Ma famille, mon chat,  mes amis,

Rire bêtement, se sentir contents,

Savoir que je les aime et qu’ils m’aiment aussi…

 

Le silence et la solitude

Qui ne sont pas tristesse

Et se sentir en vie…

 

olivier-lavandin 6201

 

Essai numéro 2

 

La fillette indocile tapait du pied: " je fais que je veux ! " clamait-elle.

L'adolescente rebelle croyait possible l'avènement d'un monde meilleur.

La femme aimait follement.

La mère épanouie s'émerveillait.

L'amoureuse trahie pleurait.

Mais la vie était belle, par chance elle s'en rappela.

Qu'est donc la femme mûre: ceci et puis cela... mais ça ne vous regarde pas !

Bientôt ancêtre insupportable comme cela se doit...

Bon courage à qui voudra faire le tour de moi !

 

ecosse 118

 

 

Non, non, non ! Je n'ai pas triché: 80 mots par essai ça ne fait pas 160 mots !

 



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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:00

le-defi

 

Tout en fantaisie, Jill link nous propose le thème "poisson" pour le défi de cette semaine. Sous la forme qui nous plaît.... et elle nous souhaite bonne bouillabaisse !

 

C'est vaste, Jill ! Voilà quelques petites choses en guise de participation.

 

port cros 056

 

Matin au port

 

L’œil d’abord vogue loin

On s’émerveille

Les rochers bruns déchiquetés

Tranchent sur l’espace azuré

 

Silence

Murmure du vent

Esquisse d’un chant

Il fait bon encore

 

La vie s’éveille

Bientôt le premier pointu

Apparaît  derrière la jetée

On s’avance

 

Les goélands lui font cortège

Leurs cris déchirent le silence

Le pêcheur sourit

Le soleil brûle nos épaules

 

Rascasses sars et girelles

Lancent des éclats d’argent

Les cigales chantent à tue-tête

Bientôt midi.

 

Mireille

 

port cros 014

 

La bouillabaisse a ses légendes.

Certains la disent née à Marseille, d’autres prétendent que les Grecs l’ont amenée avec eux lorsque la belle Gyptis  épousa le Grec Protis, accosté par hasard en ce lieu, le jour même où le roi ligure Nann voulait marier sa fille.

On trouve trace de ce plat dans la mythologie romaine. Il paraît même que Vénus en fit manger à Vulcain pour l’apaiser jusqu’à l’endormissement avant de rejoindre Mars pour batifoler !

Vous voyez, il s’en raconte des choses au sujet de ce plat délicieux ! (je vous l’accorde : délicieux, à condition d’aimer l’ail et le poisson évidemment…)

Ce qui est certain, c’est que sur  tout le pourtour Méditerranéen, et bien au-delà, le long de toutes les côtes, existent des  recettes  proches pour lesquelles on utilise les ressources locales.

Car évidemment, la bouillabaisse n’est pas née à Marseille ! On la cuisine à Toulon, Hyères, Saint-Tropez, Saint-Raphaël …

A  l’origine, la bouillabaisse était  un plat de pauvre.  Les pêcheurs de chez nous ne partaient pas très loin des côtes.  Ils posaient leurs filets et leurs casiers  le soir puis ils allaient les relever le matin avant le lever du soleil. Bien souvent, ils cassaient la croûte dans une crique. Sur un feu de bois dressé dans les rochers, ils mettaient à cuire les poissons abîmés lors du démaillage, dans un chaudron rempli d’eau de mer. Le bouillon était versé sur des croûtons de pain rassis et le poisson mangé à part. Ce plat rustique ne leur coûtait rien et évitait les pertes. En effet, le poisson abîmé ne se vendait pas. Le retour au port se faisait, et se fait encore, à partir de dix heures. De nos jours, on peut toujours acheter le poisson à l’arrivée des bateaux dans de nombreux ports. Mais il faut savoir, que les restaurateurs sont les principaux clients. Nos pêcheurs n’ont pas toujours assez de poissons pour en vendre aux particuliers.

La pêche varoise est une pêche artisanale côtière. La flotte de pêche est constituée de 250 bateaux de petite taille et 80% d’entre eux ne sont armés que d’un seul marin. Comme le plateau continental est très étroit, le chalutage est impossible. Les poissons de roche sont attrapés à la palangre, au filet, au casier ou au gangui. Cela explique pourquoi, les pêcheurs ramènent moins de poissons que ceux de l'Atlantique.

Les poissons de la bouillabaisse : rascasse,  rouget, saint-pierre, daurade, baudroie, congre, araignées de mer et cigales de mer, remplacées de nos jours par la langouste car la cigale est protégée, on ne peut plus la pêcher. Mais à l’origine, aucune langouste dans ce plat.

Il est important que le poisson arrive entier sur le plat de service, traditionnellement un gros morceau d’écorce de chêne liège, en forme de coupe. Il est découpé devant les convives. La bouillabaisse est toujours accompagnée de croûtons aillés et de rouille. Des pommes de terre en tranches épaisses sont cuites avec le poisson. Toute la difficulté réside donc dans une bonne cuisson, aucun des différents éléments ne doit se désagréger, et dans le dosage des épices. De plus, une bonne rouille n’est pas une vulgaire mayonnaise aillée ! On la monte en utilisant de la pomme de terre cuite dans le bouillon. Ensuite, tout est question d’assaisonnement : sel, poivre, fenouil, safran, paprika et piment d’Espelette pour la rouille, dosage de l’aïl…

Au XVIII° siècle la bouillabaisse a pris ses quartiers de noblesse. C’est maintenant un plat qui revient cher, très cher même, surtout dans un restaurant !

Et si l’addition est souvent salée, la qualité n’est que très rarement au rendez-vous…


Ah ! Elles sont loin les bonnes bouillabaisses de ma grand-mère maternelle et de ma maman !

 

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Dans cet article, je ne vous ai pas donné la recette de la bouillabaisse mais juste quelques indications. Chaque famille provençale a la sienne... la meilleure, évidemment ! Elles sont toutes gardées secrètes. Et oui, c'est comme ça ...

Et puis, il existe suffisamment de bons livres de recettes.

 


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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 18:00

merlin-rick-wakeman.jpg      Enriquetta link nous lance un sacré défi cette semaine !

 

Vous pensiez être à l'abri dans la blogosphère ? Bien caché derrière votre pseudo et votre écran ? Mais il n'en est rien ...

On dit que dans que dans le cyber espace il existe un blog pas comme les autres... les rumeurs les plus folles circulent à propos de ce blog... C'est une histoire que les bloggeurs se racontent  le soir à la veillée en chuchotant par-dessus leurs chaises... Blog perdu, malheureux, extraordinaire, enchanté, magnifique, hors-la-loi, hanté ou maudit... Il est temps pour vous d'apporter votre contribution à Mystério.

 

OK. Je suis comme tout le monde. J’en avais entendu parler. J’aurais dû me méfier. Je le sais.

Lorsque j’ai créé mon blog, j’en ai reçu des mises en garde ! De mes amis, de mes collègues de travail… et de mes enfants d’abord. Mon fils surtout. Lui, ça faisait déjà des années qu’il naviguait sur la toile. Et il avait déjà frôlé la catastrophe plus d’une fois. Il ne s’en était sorti qu’à l’aide de connaissances que je suis loin d’avoir. Sa rapidité de réaction avait été un atout également. D’ailleurs, son blog n’existait plus à ce moment-là. Il l’avait supprimé. Il n’a pas manqué de me prévenir : lorsque je serais au travail et que je croirais mon blog inaccessible, je resterais une cible.

Ce n’est rien de dire que je me suis bien marrée !

«  C’est ça, oui, Big Brother is watching you !!!!! »

Et puis j’ai haussé les épaules. J’étais prête pour l’aventure de la communication et rien ne m’empêcherait de m’y jeter le soir même en créant mon blog. Il est rentré chez lui désolé de constater une fois de plus que je n’en faisais qu’à ma tête. Et très inquiet.

Je sais, mon chéri, je devrais t’écouter parfois… Mais non, ce n’est pas parce que tu es jeune… ni parce que je suis la mère et que les mères ont toujours raison … arrête de jouer la victime… c’est juste parce que je suis têtue ! Et oui ! je le sais ! C’est un défaut et c’est moche et tout et tout …. Et puis ton truc, c’était incroyable !

Je ne sais pas comment vous expliquer ce que j’ai ressenti  en écoutant son récit. Je vais essayer tout de même.

Depuis des années, on nous rabâche les oreilles avec l’insécurité. Les gens ont peur de sortir la nuit, ils ferment les maisons à clés, verrouillent les portières de voitures, craignent pour leur vie, celle de leurs proches, s’angoissent, ne vivent que sous pression. Télé, radio, journaux, hommes politiques, chacun y va de son petit couplet. Et pendant ce temps-là, les idées de l’extrême droite se répandent sur le pays. L’autre, l’étranger, n’est plus vu que comme une menace… Diviser pour mieux régner, ça s’appelle. Alors leur histoire de blog, espion, suceur d’émotions, voleur d’âme, prêt à détruire l'humanité …. Je me disais que c’était un truc inventé pour vendre du papier. Une rumeur... Et que mon propre fils prête l’oreille à ces bêtises, ça me rendait folle !

C’est dans cet état d’esprit que j’ai créé mon blog et posté mon premier billet. Et j’étais drôlement fière de moi d’y être arrivée.

Je ne vais pas abuser de votre temps, il est inutile que je m’étende sur les jours et les semaines qui ont suivi. Je travaillais dans la journée, j’allumais l’ordinateur en rentrant chez moi, j’écrivais mon billet, je le postais, je lisais les commentaires de la veille. Cela me faisait plaisir. J’étais lue. On me parlait par écran interposé. Je trouvais ça génial. La solitude me pesait moins. Il n’y avait rien d’inquiétant. J’avais donc eu raison. La rumeur… ce n’était qu’une rumeur… Que les gens étaient bêtes ! Je le disais et le répétais à mon fils. Je voyais bien que son inquiétude persistait, elle semblait même grandir… je me voulais rassurante. Qu’est-ce qu’il m’énervait !

Peu à peu, quelques personnes ont semblé s’attacher à mon blog. Leurs commentaires étaient quotidiens, agréables, amicaux. Ils étaient tous membres d’une communauté nommée Mystério.  C’était formidable de les rencontrer ainsi ! Je ne les aurais jamais connus dans la vraie vie. Ils me sont devenus précieux. Je les appréciais chaque jour un peu plus. Je leur faisais confiance et nous avons bavardé de plus en plus librement. Il m’arrivait de penser qu’ils étaient bien plus attachants que ceux que je rencontrais au cours de mes journées. Nous avions beaucoup de points communs, des idées, des émotions aussi.

C’est à ce moment-là, deux ou trois mois après avoir écrit mon premier billet que j’ai commencé à avoir des problèmes de santé. Rien de bien alarmant, mais tout de même je n’avais jamais rien ressenti de pareil. Mes oreilles bourdonnaient souvent. Je souffrais de migraines. J’ai pensé que je devrais voir un ophtalmo. Je l’ai fait et je me suis retrouvée avec de nouvelles lunettes. La gêne a persisté. Bientôt, j’ai ressenti des palpitations et des crises d’angoisse. Je n’avais pourtant peur de rien… mais mon souffle s’emballait plusieurs fois par soirée, et une poigne invisible et cruelle me serrait l’estomac. Mon cœur alors cognait vite et fort. Si vite. Si fort. Le médecin consulté trouva que tout était normal. Je ne rêvais pas pourtant. Ces malaises étaient bien réels. Il me dit que je me surmenais, que je n’avais plus vingt ans et que je devrais penser à ralentir mes activités. Ils disent toujours ça quand ils ne savent pas ce qu’on a… Je ricanais : tu vas voir que la prochaine fois, il te parlera de dépression… Mes proches me trouvaient mauvaise mine.

Ceci dit, ma vie s’écoulait comme avant : travail, sorties, de moins en moins fréquentes, c’est vrai, amis et mon blog. Je me couchais tard. De plus en plus tard. Mais il est si passionnant de communiquer avec des amis même virtuels !

C’est début février, à la fin d’un repas familial, que mon fils m’apprit qu’il y avait du nouveau concernant le mystérieux blog, celui contre lequel il m’avait mise en garde.

D’après ses contacts, il s’agissait d’une vaste conspiration. La fin du monde annoncée pour le 21 décembre 2012 n’était pas un fantasme. Une guerre, une vraie guerre  était prévue. Elle opposerait non pas des pays mais des entités bien au-dessus des gouvernements, finance contre pouvoirs occultes. C’était la revanche des sorciers. Cette fois, ils étaient donnés gagnants. Les dégâts seraient monstrueux. L’humanité serait détruite, en grande partie en tous cas… Ce blog appartenait à une confrérie de sorciers qui n'avaient rien oublié des bûchers sur lesquels leurs frères et leurs soeurs avaient péri. Il agissait comme un piège. Un piège à émotions. Par écran interposé. Car après le chaos, viendrait le temps de la reconstruction. Les sorciers avaient déjà mis au point de l’antidote pour se protéger des miasmes qui souilleraient la planète. Ils préparaient, maintenant, dans un endroit tenu secret, des robots capables de remplacer les hommes auxquels ils ne pouvaient faire confiance, le passé l’avait bien montré. Ces robots devraient posséder une âme, des sentiments, des émotions… et cela ni la technique, ni leurs pouvoirs ne pouvaient le créer. Voilà pourquoi, depuis longtemps déjà, ils avaient mis en place ce blog dont tout le monde parlait sans vraiment savoir ce qu’il était. Il était simplement ensorcelé. C’est par la communication que les hommes seraient piégés, eux qui ne parlaient même plus à leurs voisins !

Inutile de vous dire que je me suis bien amusée. Quand j’ai éclaté de rire, mon fils n’a pas apprécié, mais alors, pas du tout ! Vous auriez fait quoi, vous ? Vous l’auriez crue cette histoire à dormir debout ? Je suis certaine que non !

Il est rentré chez lui fâché. Je n’étais pas contente non plus. Après avoir rangé la maison, je me suis connectée. J’ai écrit un billet d’humeur. De mauvaise humeur. Le lendemain et les jours suivants, il n’y a eu aucun commentaire. J’étais triste et déçue. J’ai écrit quelque chose chaque soir. Ce n’est que le dimanche suivant que j’ai eu une réponse. C’était un rendez-vous. Je ne l’avais pas envisagée et n’ai su que répondre. Mais j’ai accepté après bien des hésitations.

Vous vous demandez peut-être quel rapport il y a entre tous ces évènements et pourquoi je vous raconte tout ça ? Je vais tout vous dire.

Je me suis rendue à ce rendez-vous. Ce qui s’y est dit ne vous regarde pas. Aujourd’hui, mes migraines ont disparu. Je n’ai plus de palpitations. Tout va bien. Mon blog est inactif. Je n’ai plus le temps de l’alimenter. J’ai dû quitter mon emploi aussi. Ce n’est pas important, je ne l’aimais pas. Je travaille pour Mystério. Enchaînée à mon siège, je tchate toute la journée.

Si vous avez l’habitude de venir me lire, si parfois vous me laissez des commentaires, s’il vous arrive d’avoir mal à la tête, si votre cœur s’emballe… n’allez pas chez le médecin… du moins pas tout de suite...

Réfléchissez d’abord. Voici quelques questions pour vous y aider.

Vous arrive-t-il d’être témoin d’une injustice et de ne pas vous indigner ? Avez-vous parfois l’impression que vous ne pouvez rien améliorer sur cette terre ? Vous dites-vous qu’il est inutile de vous battre car vous êtes impuissant ? Si vous répondez « oui » ou « parfois » à une de ces questions, alors, comme moi, vous êtes perdu: votre âme fait peut-être partie de celles que j’ai réussi à détourner… pour eux ... Moi ou un autre. Nous sommes nombreux... Le 21 décembre approche ...

Quant à moi, je n’ai aucun scrupule. Pour que j’en aie, il me faudrait une âme, je n’en ai plus. Ils me l’ont volée.

 

 


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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:54

 

le-defi

 

Je viens de finir mon tour des blogs, je pense n'avoir oublié personne. Si malencontreusement, je n'étais pas passée chez vous, écrivez moi un commentaire à cet article et je viendrai vite, vite vous lire.

 

Je suis ravie d'avoir proposé ce thème. Les textes sont tous très agréables à lire et d'une grande variété.

 

J'ai pris grand plaisir à tenir la barre ! Et ce n'est pas fini...  Je vous donne rendez-vous jeudi 5 avril pour la poésie du jeudi sur le thème de "l'imaginaire".

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 21:15

le-defi

 

 

Beaucoup de travail en ce moment ! Ceci pour expliquer le retard de cette publication...

Je commence le tour de vos univers dans un instant ! Je n'aurai peut-être pas le temps de tout lire ce soir, mais je vous promets de passer partout et d'y laisser un patit mot.

 

 

 

Il était une fois une jolie brunette qui habitait la grande ville. C’était la plus jolie poupée qu’on puisse imaginer. De grands yeux fripons, un petit nez retroussé, de hautes pommettes, le teint mat et lumineux à souhait, et avec ça, roulée comme une star de cinéma ! Elle faisait la joie de sa famille. Toujours de charmante humeur et serviable comme pas une.

Comme l’argent manquait à la maison (c’était la crise…) sa mère qui vivait seule avec trois enfants  lui avait tricoté un long pull à capuche rouge pour qu’elle soit à la mode comme ses copines de lycée. Il  mettait tant son teint en valeur qu’en cet hiver très froid elle ne le quittait plus. Aussi dans le quartier la surnommait-on  Capuche Rouge.


Un jour, sa mère lui dit :

-          - " Mamie est souffrante et je n’ai pas le temps de lui rendre visite avec tout le boulot que j’ai ! Veux-tu lui porter ce pot de soupe et cette bouteille de rosé ?

-          - Avec plaisir maman !

-          - Dépêche-toi et ne traîne pas en route. La nuit tombe tôt à cette saison. Et surtout, ne passe pas par les ruelles, reste sur les grands boulevards et ne parle pas aux inconnus que tu pourrais croiser. Téléphone-moi en arrivant, ça me rassurera."


Capuche Rouge, docile, promit. Elle enfila son beau pull rouge par-dessus son jean, mit la soupe et le vin dans sa besace et sortit. Elle emprunta d’abord la grande avenue. Très vite son regard fut attiré par une jolie vitrine. Elle s’arrêta et rêva à tout ce qu’elle aimerait acheter. Elle s’arrêta à la suivante et à la suivante encore. Les recommandations de sa mère étaient loin. Il y avait tellement de belles choses dans ces magasins.


Bientôt, elle s’aperçut qu’il faisait plus sombre. La nuit approchait. Elle marcha plus vite car sa grand-mère habitait à l’autre bout de la ville. Plus elle marchait, plus le chemin lui semblait long. Il y avait de moins en moins de monde dans les rues. Ils fonçaient tous, tête baissée et ne faisaient pas attention à elle. Comme eux, elle accéléra. Elle était encore fort éloignée de chez sa grand-mère. Aussi l’idée lui vint de prendre un raccourci qu’elle connaissait un peu et qui traversait les quartiers les plus sombres de la vieille ville. « Maman me l’a interdit », se dit-elle. Puis, « mais elle n’en saura rien… » Ni une ni deux, elle tourna dans la première ruelle, allongea le pas, bifurqua encore sur sa gauche, puis sur sa droite. Ici, il faisait encore plus sombre. Soudain, là, devant elle, se dressa une haute silhouette, surgie d’elle ne savait où. Tout vêtu de noir, c’était un homme. Il lui souriait et ses yeux brillaient d’un éclat étrange. Elle trouva qu’il avait vraiment une sacrée classe !


-          -" Hola poupée ! tu sais pas que c’est risqué de chémar par ici ? Y’a des keums qui te f’raient bien ta fête ! Heureusement que je suis là pour te protéger !

-          - Je me suis un peu perdue.  Je vais chez ma mère-grand qui est malade lui porter un pot de soupe et cette bouteille de vin, balbutia Capuche Rouge qui se rappelait soudain les recommandations de sa mère.

-          - T’es dans une impasse minette ; j’te remets sur ta route si tu veux.

-          - C’est que ma mère m’a bien dit de ne suivre personne…

-          - T’inkiet, ta reum, elle comprend que couic, moi je vais t’expliquer le chemin. Elle crèche où ta vieille ? Et comment elle s’appelle ?"


Il la dévorait des yeux. Notre Capuche Rouge était, comme je vous l’ai déjà dit, roulée comme une star de cinéma. Il se disait qu’il en ferait bien son quatre heure mais il faisait froid… on pouvait le surprendre… l’idée avait germé… un petit nid d’amour chez l’ancêtre…

Capuche Rouge avait hâte d’arriver maintenant. Heureusement que le hasard avait mis sur sa route cet homme serviable. Et comme elle se croyait futée, elle lui donna l’adresse de sa grand-mère.

Il lui expliqua donc la route à suivre, c’était compliqué, il fallait tourner à droite, puis à gauche, au bout de cinq cents mètres, elle tomberait sur des escaliers, elle devrait les descendre puis prendre la ruelle droit devant elle, enfin, elle tournerait à gauche une dernière fois. Après, c’était tout droit.


Elle le remercia et reprit sa route. Lui disparut plus rapidement qu’il ne faut pour le dire du côté opposé. Capuche Rouge pressa le pas. Plus le temps passait, plus elle était soucieuse. Sa mère allait s’inquiéter. Elle aurait déjà du lui téléphoner... Les rues étaient désertes à cette heure. Il faisait froid maintenant. Elle frissonnait. Enfin, elle arriva devant chez sa grand-mère. Elle sonna. L’interphone grésilla.

-          - Qui c’est ? dit une drôle de voix

-          - Moi, Capuche Rouge

-          - Je t’ouvre, referme bien la porte derrière toi.

Elle grimpa les escaliers quatre à quatre, fut surprise de trouver la porte entrouverte.

-          -Tu es où, mère-grand ? dit-elle en pénétrant dans l’appartement.

-          - Dans ma chambre, je ne me sens pas très bien. Viens me rejoindre.

-          - J’arrive grand-mère, je t’apporte un pot de soupe et une bouteille de vin que maman a préparé pour toi.

-          - C’est gentil ça, ma fillette. Pose-les dans la cuisine puis viens te coucher près de moi dans le lit, j’ai froid, tu me réchaufferas.


Capuche Rouge obéit mais quelque chose la tracassait. La voix… oui. Mais autre chose encore… La chambre était plongée dans la pénombre.

- N'allume pas la lumière, petite, j'ai bien mal aux yeux. Viens me rejoindre, là, sur mon lit...

-          - Que tu es poilue grand-mère ! dit-elle en lui caressant les joues.

-          - C’est l’âge, mon enfant.

-          - Que tu as de longues jambes grand-mère ! dit-elle en s’allongeant contre elle.

-          - C’est pour encore courir, mon enfant.

-       - Que tu as des bras robustes grand-mère ! dit-elle en posant sa tête contre son épaule.

-          - C’est pour mieux te serrer mon enfant.

Et elle serra Capuche Rouge dans ses bras robustes.

-          - Tu me fais mal grand-mère. Que tu as une drôle de voix !

-          - C’est le rhûme mon enfant.

-          - Peut-être mais que tu as aussi de grandes dents !

-          - C’est pour mieux te croquer mon enfant !


Et le type, car vous l’avez compris, c’était ce type rencontré plus tôt dans la ville qui l’avait précédée et avait revêtu un peignoir de la vieille femme pour ne pas être reconnu, se jeta sur elle et …

Elle  hurla si fort que des voisins arrivèrent en courant, se précipitèrent sur l’individu, arrachèrent la fillette à son étreinte. Celui-ci bondit, courut vers la porte et s’enfuit. On ne le revit plus dans le quartier.


Et la grand-mère ? vous allez me dire. Où elle était la mère-grand ? Et bien, la bonne vieille, entendant tout ce raffut se mit à taper de toutes ses pauvres forces contre la porte du placard pour qu’on vienne la délivrer. L’infâme n’avait eu que le temps de l’y enfermer, pensant lui faire sa fête plus tard, quand il aurait savouré l’enfant. Capuche Rouge ouvrit le placard et se jeta dans les bras de la vieille en sanglotant. 


-          Vois-tu, mon enfant, dit alors celle-ci, il y a des hommes charmants qui dévorent les enfants et d’autres patibulaires qui les protègent. Et vice versa. Et comme on ne sait jamais à qui on a affaire, les fillettes doivent se garder des uns et des autres.


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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 08:00

 

A la demande de Nounedeb, j'ai battu les cartes. Un coup d'oeil à mon jeu...  ça va, je crois qu'une petite idée a germé!

 

 

Souvenirs  de vacances d’une sandale bleue

 

Pour une belle journée, c’était une belle journée. Elle était venue me chercher dans une petite boutique du bord de mer et avait poussé des cris joyeux, du style « magnifique ! », « juste ce que je désirais ! » et encore « j’en avais envie depuis si longtemps ! » Sa copine me toisait  méprisante… Au premier coup d’œil, j’ai compris qu’elle ne m’aimait pas. Mais elle… elle… n’en finissait pas de s’extasier : « et cette couleur ! Tu as vu sa couleur ? Superbe ! Assortie à mon paréo ! »

 

2011 Arnèche traces

 

Moi, béate, je buvais ses paroles en imaginant des promenades sur le sable. La mer d’un bleu turquoise jouait avec le soleil au zénith. De nombreux vacanciers arpentaient la promenade et il faisait bon à l’ombre de la tonnelle devant la petite boutique où elle m’avait remarquée. Bref, c’était une belle journée.

Nous étions en été. Un de ces moments magiques pendant lesquels la météo ensoleillée et les sentiments semblent s’accorder. C’est l’époque des coups de foudre. Chacun a envie d’aimer. Depuis quelques jours, j’avais vu défiler devant le magasin des couples baguenaudant  mains dans la main, des groupes d’amis gais et rieurs... L’humeur était à la fête. Un concert d’ailleurs se préparait. Des hommes forts et bronzés avaient installé une scène plus tôt dans la matinée. Elle faisait face à la mer. Ce serait une de ces soirées estivales dont parlent les journaux.  Je me prenais déjà à rêver. Peut-être aurais-je la chance d’y assister si elle concrétisait son coup de cœur…  


Projos

 

Dans le cas contraire, hélas, je ne serais pas autorisée à sortir et j’attendrais sagement dans la boutique qu’un jour nouveau se lève. N’avais-je pas droit au bonheur moi aussi ?

Béate, donc, je goûtais avec délice ses exclamations. Voilà qu’elle me trouvait adorable, jolie, gaie et tellement dans l’air du temps ! Comment voudriez-vous que je ne me sois pas laissé séduire ? En deux temps trois mouvements, l’affaire fut faite et elle me ramena chez elle. Je n’ai pas eu la chance d’assister au concert ce soir-là, il faisait un peu frais, dit-elle mais je lui tins compagnie les jours suivants. Nous allâmes à la plage, au marché, en ballade… J’étais à ses pieds lorsque fut tiré le feu d’artifice du 14 juillet. Elle n’avait pas envie d’aller danser mais nous nous arrêtâmes chez le marchand de glaces  et elle commanda un cornet spécial pistache, chocolat coiffé d’une montagne de chantilly et c’est en flânant que nous sommes rentrées à la maison.

 

Feu-d-artifice.JPG

Comme je l’aimais ! Naïve, je  croyais que ce bonheur allait durer toujours. Mais un matin, elle annonça à sa copine que le dernier jour était venu. Ses vacances étaient terminées. Elle prépara sa valise après le petit déjeuner. Insouciante, me prélassant devant la fenêtre, je la regardais plier les légères cotonnades et les ranger délicatement. Elle rassembla également les bijoux de pacotille qu’elle avait achetés au gré des marchés et ses affaires de toilette. Je me dis qu’elle allait me chausser et qu’ensemble nous passerions cette dernière journée. Ce ne fut pas le cas.

  -  Et tes horribles  trucs en plastique bleu, tu en fais quoi ?  demanda sa copine.

  -  Je te les laisse, je serais ridicule avec ça aux pieds chez moi, répondit-elle

Ainsi je n’avais été qu’une tocade d’été. Je me demandais  sans trop d’illusions ce l’autre ferait de moi. Je n’attendis pas longtemps pour être fixée sur mon sort. Sitôt rentrée de la gare où elle avait accompagnée mon infidèle amie jusqu’au train, elle me prit du bout des doigts, m’examina d’un air écœuré et me jeta dans la poubelle. J’y étais en compagnie de ma sœur jumelle. Piètre consolation. Le soir venu, elle sortit le container sur le trottoir. Un gosse qui passait par là m’attrapa et m’envoya valser d’un coup de pied jusqu’à un autre gosse qui à son tour shoota en riant. De coup de pied en coup de pied, ils arrivèrent sur la plage au cri de « Vise un peu la godasse ! Elle décolle ! »

Puis, lassés de ce jeu, ils m’abandonnèrent là. Une vague me cueillit, un galet me retint. Une autre lame plus forte m’arracha au sable, une autre m’y ramena. Puis une autre, et une autre… 

Les jours passèrent inexorablement. Le soleil et le sel ternirent la couleur qu’elle trouvait si belle. Parfois, un chien me prenait  dans sa gueule, me mâchonnait, m’abandonnait  à son tour…  Je pourrissais sur la berge parmi d’autres objets oubliés par les hommes.

 

Chaussure bleue

L’automne est venu, puis l’hiver et le printemps. Un matin, j’ai entendu des voix. Elles parlaient de pollution et de déchets. Puis une petite main m’a saisie et brandit.

-  Regarde ce que j’ai trouvé ! disait-elle

- Ah, c’est dégueulasse ! Jette ça dans le sac !

Une dernière fois, j’ai aperçu le ciel. Ensuite, tout fut noir.

 


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