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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 22:39

Sur les conseils d'un copain, virtuel le copain, je ne l'ai jamais rencontré mais nous échangeons parfois sur des sujets tels que littérature, cinéma, musique ou politique et il se trouve que j'apprécie et partage souvent ses opinions, sur les conseils d'un copain donc, je suis allée au cinéma en solo ce soir pour voir le film Le Havre.

Et j'ai passé une superbe soirée !

Tant et si bien que j'ai envie de vous en parler.

 

A partir d'un sujet d'actualité grave, Aki Kaurismaki a fait un film drôle, intelligent et sensible malgré quelques clichés.

Les dialogues amusants servent pourtant un film social et politique. L'ambiance est renforcée par la musique un peu nostalgique et rétro. Les rires se mêlent à l'émotion (parfois larme à l'oeil, mais j'ai la larme facile en ce moment).

Les personnages sont tous un peu marginaux, farfelus et magnifiques. Les acteurs jouent juste: Jean-Pierre Daroussin en commissaire qui ne peut se résoudre à exécuter des ordres contraires à ce qu'il pense, un peu inquiétant mais profondément humain, André Wilms écrivain raté, désuet, bougon pudique au grand coeur, Blondin Miguel jeune garçon africain clandestin qui veut rejoindre sa mère à Londres, Kati Outinen  la femme de l'écrivain généreuse et tendre , tout comme la patronne du bistrot du coin, la boulangère et l'épicier .... Il faudrait tous les citer.

C'est un film plein d'humanisme et d'espoir en la solidarité humaine. Et de nos jours, la solidarité, ça fait chaud au coeur. On sort de là joyeux et attendri.


Nous n'étions que dix dans la salle mais dix ravis à la sortie !

Quand je pense au nombre d'entrées annoncées pour Intouchables !

 

Avant d'écrire mon billet, j'ai lu des critiques sur le net. Certains ont détesté et se sont ennuyés. Moi, j'ai adoré !

 

 

 

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 10:57

 

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Pendant trois jours, la ville de Brignoles remonte le temps. Les habitants jouent le jeu ainsi que de nombreux visiteurs. On croise à tous les coins de rue, chevaliers et gentes dames mais aussi gueux, saltimbanques, elfes, mages, artisans et autres ancêtres sortis pour l'occasion.

 

Les troupes de musiciens et artistes de rues animent les places de la vieille ville du matin à tard dans la nuit.

 

Ci-dessus, les Saboï de Saint Rémy de Provence arrivent sur la place Carami après un défilé en ville. J'ai beaucoup aimé cette troupe, sa musique occitane et ses idées plus délirantes les unes que les autres pour faire participer le public dans des joutes clownesques.

Et le public se prête au jeu, victimes "volontaires désignées" et spectateurs rient volontiers, de ces farces burlesques. On voit briller le plaisir dans les yeux des voisins et on sent bien que les nôtres doivent briller tout autant !

De plus, les musiciens sont excellents !

 

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Sur la Place de l'église, plus haut dans la vieille ville, les Carillonneurs de la Compagnie Gueule de loups, venus d'Angers nous ont enchantés. Musique médiévale, encore. Le musicien de gauche se transforme par moment en automate, il nous incite à taper dans les mains en rythme puis au final, nous entraîne dans une farandole que j'ai dansée avec mon petit-fils de cinq ans. Grand moment de convivialité et de gaieté!

 

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Voici les Jabardeus qui arrivent de Madrid. Ils déambulent dans la ville en jouant une musique médiévale adaptée à la sauce festive, s'arrêtent soudain et les danseuses orientales entrent en scène. C'est beau.

 

Les rues de la ville sont jonchées de paille. Bravo les employés municipaux pour la préparation et pour la remise en état rapide. Dès le lendemain, il ne restera plus rien de ces folles journées.

Pour l'instant, on peut admirer des stands d'artisanat d'art et des démonstrations de toutes sortes.

 

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                                                                        fabrication de chandelles

 

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                                                                                                 Le forgeron

 

    médiévales 2011 Brignoles 044

Le potier et son four construit sur une placette

    médiévales 2011 Brignoles 049

Stand de sculpteur ...


 

Les chameaux de la caravane de Samarkan attendent le départ pour la route de la soie sur la Place Parrocel. Ponctuellement, ils s'avancent nonchalants à travers les ruelles escarpées.

 

médiévales 2011 Brignoles 009 

 

Et pour se remettre de toutes nos émotions, la Taverne qui vient d'Allemagne chaque année avec son excellente bière à l'hydromel.

Et là, en un mot comme en cent, on se régale encore ! 

 

médiévales 2011 Brignoles 015

C'était un petit aperçu de ces trois journées, d'autres troupes de comédiens, conteurs, jongleurs étaient présentes et de grande qualité, d'autres artisans présentaient des travaux de toute beauté. Mais je ne peux tout montrer...

Sous un soleil de plomb, par 39° à certains moments nous avons arpenté la ville, ri, dansé, chanté.

J'étais avec ma fille aînée, mon gendre et mes petits-fils. Ma plus jeune fille nous a rejoints le dimanche. Il ne manquait que mon fils et sa compagne. J'espère qu'ils pourront se joindre à nous l'année prochaine. Car nous y retournerons, c'est sûr, les spectacles changent chaque année, nous ne sommes jamais déçus.

Alors, exit les Médiévales, et a l'an qué ven, tous réunis si possible !

 

 

 

 


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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 14:10

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Voilà un photographe que j'admire ! Il avait l'oeil le bougre !

La technique seule ne lui aurait pas permis de prendre de telles photographies. C'était un homme simple plein de tendresse pour ses semblables. Il avait aussi beaucoup d'humour. Promeneur solitaire, un appareil toujours avec lui, il savait attendre patiemment. Dans la rue, il se passait toujours quelque chose... Il trouvait cependant dans les dernières années que cela avait beaucoup changé.

Saisir sur le vif et savoir quoi saisir. Bien évidemment la technique en plus. Il guettait l'anecdote et ne la ratait jamais.

Cette série de clichés m'enchante. Il en aura fallu du temps au photographe pour fixer avec humour la réaction de ces quelques passants devant le tableau !

 

Je vous laisse imaginer les pensées de chaque personnage, je suis certaine que cela en amusera quelques-uns.

"La qualité d'un photographe doit être l'espoir du miracle contre toute logique. Une espèce de foi dans l'heureux hasard. N'importe quoi peut arriver au coin d'une rue. Je me fais un décor, un rectangle et j'attends que des acteurs y viennent jouer je ne sais pas quoi."


Entretien avec Pascale Charpentier dans l'émission Agora de France Culture.

link

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 22:57

  140631 191901802 ecriture H161319 L       Echos d'un vendredi slam à Toulon,

 

J'ai découvert un lieu très convivial à Toulon lors d'une autre soirée slam vendredi dernier: le Replugged Café, 104 avenue François Cluzin à Saint Jean du Var.

Il s'agit d'un cyber café associatif dans lequel des soirées scène ouverte musique et slam sont organisées. Dans la journée, il y a d'autres activités. Habitants de Toulon, allez y faire un tour, je suis certaine que vous trouverez des raisons d'y revenir ! L'idée même d'un café associatif est intéressante !

 

Une fois de plus, j'ai apprécié l'ambiance particulière à ce genre de soirées scène ouverte: convivialité et écoute.

J'ai testé un nouveau texte mais je n'ai pas trop aimé ma participation... Le texte me plaît et me tient à coeur. Je l'ai mal dit.

Celui-là, je dois le connaître par coeur pour le dire comme je veux ! Ceci dit, je n'ai pas que ça à faire pourtant il faudra bien que je trouve le temps. Qui veut peut, me disaient mes parents... Ouai... là...  heu... mais je vais essayer.

 

Beaucoup de slameurs intéressants ont participé à la soirée, pour certains c'était leur premier slam et vraiment c'était super ! D'autres, aguerris nous ont régalés.

Il y avait aussi Ka-Rol, mais aujourd'hui, ce n'est pas d'elle que je veux parler même si elle m'emballe à chaque coup !

Ypnova dont je vous avais déjà vanté le talent, il y a quelques semaines, était également présent . Il a dit deux slams que je trouve très beaux et qui  touchent ma sensibilité.

Je me dois de rétablir la vérité au sujet de cet artiste car je me suis mal exprimée dans mon dernier article sur le slam.

 

slam vendredi       Je vous avais expliqué qu'il ne s'était pas qualifié pour aller à Tours disputer la 1°Coupe de la Ligue Slam de France, pendant la soirée de Toulon. Ce  que j'avais omis de préciser c'est qu'il avait déjà été sélectionné pour cette coupe en équipe à Marseille et en individuel à Paris.

Ypnova sera donc bien à Tours du 5 au 8 mai.

Si vous êtes dans le coin, je vous engage à aller passer une soirée en compagnie de tous ces slameurs. Vous ne devriez pas le regretter.

 

ypno.jpg     Si comme moi vous ne pouvez pas vous rendre à Tours mais que vous habitez la région de Marseille, vous pourrez applaudir Ypnova à El Ache de Cuba, 18 Cours Julien, à Marseille, le vendredi 22 avril à partir de 20h30 et, pourquoi pas, participer à la scène ouverte.

 


 

La poésie d'Ypnova y sera accompagnée par la musique composée et jouée par Fabien au hang. C'est ce spectacle que j'avais vu à Aubagne et tant aimé.

 


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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:00

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J'ai participé vendredi soir à une soirée slam de qualification à la Coupe de France de la Ligue de Slam.

Oh ! Je vous le dis tout de suite, je n'avais aucune prétention à la sélection ! J'avais juste envie de me frotter à des slameurs, partager mes poésies, et passer un bon moment.

Je n'avais même pas appris mes textes ! Je n'y arrive pas. Trop de choses en tête en ce moment ... mémoire qui me trahit ... alors puisqu'en slam, on peut le faire, je me suis contentée de les lire. Je crois tout de même que certains les aiment bien mes slams.

C'est le public qui vote pour élire ses coups de coeur. Les trois premiers étaient sélectionnés pour aller à Tours représenter Toulon.

 

Je vous le dis tout net, j'ai passé une très bonne soirée. J'y ai retrouvé des gens que j'apprécie. Et ça, c'est toujours agréable. Des gens vrais. Et ça, c'est de plus en plus rare. Je ne dirai pas des amis, nous nous connaissons trop peu. Juste des gens pour lesquels j'ai de l'estime et que je retrouve avec un plaisir toujours un peu plus grand.

 

Carol m'a enchantée avec des slams que je connaissais déjà et un tout nouveau absolument formidable ! Elle monte, elle monte, la rouquine ! Sélectionnée pour représenter Toulon dans à peu près tous les concours et toutes les catégories.

 

Je ne ferai pas le détail de ce que tous les slameurs nous ont offert. Il y avait Mu sélectionnée elle-aussi pour représenter Toulon à Tours, Ypnova dont je vous ai déjà parlé dans un autre billet qui n'a pas été sélectionné, et puis d'autres, tous avec des textes forts, plein d'humour, de tendresse ou de colère, c'est selon. De bons textes en tous cas.

 

Coup de coeur de la soirée, un petit jeune que je n'avais jamais entendu: Jordan. Alors là, le coup de foudre ! Des textes poétiques, tendres et engagés, une présence qui m'a vraiment touchée, une voix chaude et posée, un charisme surprenant chez un si jeune ! J'espère l'entendre encore et encore, de nombreuses fois. Je regrette juste de ne pas avoir une vidéo à partager avec vous.

Jordan part aussi à Tours et j'en suis très contente !

 

La délégation toulonnaise est d'un haut niveau !

 

Yep ! comme ils disent .

 

Un regret : ne pas pouvoir aller à Tours pour assister à l'évènement ...

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 15:48

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Paul Arène

 

Le père Noé aimait les petits et nous tolérait volontiers. Par exemple, chez lui, défense absolue de toucher aux nids et de faire du mal à quoi que ce fût. Le père Noé se montrait sur ce point méticuleux comme un bouddhiste. Aussi son clos nous faisait-il l’effet, dans nos imaginations enfantines, d’un second paradis terrestre où vivaient heureuses, en pleine liberté, toutes les bestioles de la création. Sans compter les oiseaux bruyants et innombrables, de superbes lézards verts, le dos chatoyant et grenu comme une bourse brodée de perles, se chauffaient au soleil un peu partout, le long des muraillettes de pierre sèche étagées en terrasse pour empêcher la bonne terre de glisser. Des lapins ignorants du coup de fusil venaient effrontément galoper et cabrioler à la barbe de leur protecteur ; et dans les crépuscules d’automne, de gros insectes à la silhouette fantastique passaient d’un vol vibrant et lourd sur les nuages pourpres du couchant.
Un jour, vaguant dans le clos Saint-Laze avec l’autorisation du père Noé, nous trouvâmes un lièvre au gîte, de qui les oreilles diaboliquement dressées nous effrayèrent. Car il y avait vraimentde tout dans ce bienheureux clos Saint-Laze, de tout, même un vieux chêne crevassé où logeait un essaim d’abeilles. Le père Noé, sans les tuer ni les mettre en fuite, – ne savait-il pas parler aux bêtes ? – leur prenait à chaque printemps quelques rayons de miel, du miel sauvage, du miel d’ours dont il nous faisait des tartines. Et nous étions fiers, pensez donc, de manger ainsi du miel d’ours.

[ ... ]

 

Pour découvrir la fin du conte, je vous invite à la lire dans le texte !

 

Bonne fin de dimanche à tous.

 


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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 19:26

 

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Paul Arène
Editions de l'Aube

Ce recueil rassemble des petits récits alertes et vifs où, en quelques phrases élégantes et raffinées, Paul Arène croque un portrait, esquisse une silhouette, ébauche un décor. Une fine ironie circule à travers les lignes, un brin d'émotion parfume les histoires merveilleuses de cet écrivain qu’Anatole France avait surnommé – à juste titre ! - le « prince des conteurs ». Le provincialisme de Paul Arène n’est pas pittoresque, mais profond : dans ses textes, les thèmes provençaux deviennent toujours l’objet d’exquises fantaisies personnelles, de poétiques « moralités » d’un ton à la fois pénétrant et mélancolique. Et si les descriptions ne manquent pas, elles sont toujours enrichies d’un contenu véritablement humain. Plus célèbre que son ami Alphonse Daudet au xixe siècle, cet écrivain provençal mérite amplement d’être (re)découvert.

photo et critique provenant de: link

 

En quête de nouvelles histoires de Provence à conter, je relis depuis quelques jours des contes de Paul Arène né en 1843 à Sisteron.

" Le champ du fou " est une histoire que j'envisage de raconter, j'aime la philosophie de ce Noé.

 


Demi-bourgeois et presque riche, il avait, chose invraisemblable, toujours vécu en paysan. Bien mieux, ayant perdu sa femme, il se permit l’idée bizarre de donner tout son bien à des parents éloignés, pour ne garder qu’une rustique maisonnette avec quelques cent mètres de terrain autour, juste ce qu’il pourrait cultiver lui-même ; et depuis ce temps il vivait seul, heureux et seul ! dans la familiarité de la nature. C’est pour cela que les gens du pays le croyaient fou.
Rien de joli, d’ailleurs, comme le petit domaine qu’il s’était arrangé au clos Saint-Laze. Un ermite à le voir s’en serait rendu amoureux.
Ce que j’appelais tout à l’heure maisonnette, faute de trouver le terme exact, n’était, en réalité, qu’un creux de rocher que fermait un mur percé d’une fenêtre et d’une porte.
Mais le mur était si blanc, un si beau rosier enguirlandait la fenêtre et de si vigoureuses broussailles faisaient corniche à la place du toit, que cette logette valait un château.
À deux pas, une source claire jaillissait du milieu d’un amas de tufs et de mousses pour tomber à grand bruit dans un vivier, au-dessous duquel descendait en pente un jardinet arrosé à sa soif même au plus fort de l’été et plein d’arbres et de légumes.
Quelques oliviers, un carré de blé, un cordon de vigne assuraient amplement la subsistance du propriétaire. Mais sur ce sol montueux, tout hérissé d’énormes pierres qu’il aurait fallu attaquer à la mine, bien des coins demeuraient incultes. Le bonhomme les mettait à profit pour y planter toutes sortes de fleurs curieuses et rares qu’il allait chercher dans la montagne ; seulement, n’étant pas ingrat, et voulant rendre à la montagne un peu de ce qu’il lui prenait, il y semait des fleurs de jardin aux endroits les plus solitaires, ou bien greffait sur des sauvageons les meilleures qualités de fruits, heureux par avance de l’étonnement des botanistes et des surprises gastronomiques que sa bienfaisante supercherie préparait aux pâtres et aux coureurs de bois.
On l’appelait le père Noé, sans doute en manière de sobriquet, à cause de son amour pour les bêtes. 

Quand je le connus, du plus loin que je me souvienne, c’était un homme très vieux, tout blanc, et si affaibli par le grand âge qu’il était obligé, la plupart du temps, de laisser les trois quarts de son bien en friche. Il avait des idées étranges là-dessus, prétendant que tout homme ne doit demander que sa part à la terre, et n’eût pas souffert qu’on l’aidât. Il lui arrivait rarement de rentrer toute sa vendange ; son plaisir était de laisser les plus belles grappes sur le cep.
« Il faut bien, disait-il, quelques raisins mûrs pour les grives... »
Mais les grives n’étaient pas seules à picorer dans sa vigne, la vigne à personne, comme nous disions entre galopins, et la plus grosse part nous revenait de ses muscats amollis et cuits, si doux que leur sucre brûlait la langue.

 


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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 12:38

Depuis une dizaine d'années, régulièrement, je croise Richard Boringher à la terrasse du café où j'ai mes habitudes. Il y est chez lui car il vient là depuis plus de trente ans et maintenant, il habite à côté une partie de l'année.


J'ai pour ce monsieur une grande admiration et un grand respect. Je l'ai d'abord découvert en tant qu'acteur, j'aimais son jeu fait de gouaille, de cynisme mais aussi de tendresse et de fragilité.  J'adorais et c'est toujours le cas, sa voix chaude, râpeuse, une voix de blues man.


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Plus tard, j'ai lu "C'est beau une ville la nuit" et j'ai été touchée ! D'autres lectures ont suivi sans jamais me décevoir. L'homme qui transparaît derrière les mots, cela m'émeut. J'aime la syncope des phrases, une langue vivante et réinventée.

 

 

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Le voir à la même terrasse que moi m'a toujours fait plaisir. Il y discute avec de simples gens qui furent, si j'en crois les ragots, compagnons de beuverie. Moi, je ne l'ai vu boire que des sirops et des cafés, eux par contre.... mais c'est un autre sujet ! Il reste leur ami, serre des mains de-ci de-là, s'attable avec l'un ou l'autre, part discuter avec un groupe et revient. Sans faire l'intéressant, sans vanité, gentiment. Il semble y prendre du plaisir.

 

Parfois d'autres consommateurs (des touristes toujours, les habitants du coin lui fichent la paix) ne le quittent pas des yeux. Au bout d'un moment, ça ne rate pas. Il y en a un, le plus culotté, qui se lève et l'aborde. On sent que ça l'agace, mais il fait un effort, sourit, accepte la discussion... finit même par poser pour la photo souvenir inévitable avec une grande gentillesse et il sourit encore si l'importun s'incruste.

 

Depuis tant d'années, j'étais contente de voir que cet homme connu que j'aime beaucoup n'a pas la grosse tête. Plus d'une fois, j'ai eu envie de lui dire mon admiration pour son travail ! Mais, il avait l'air si bien, là, posé parmi ses amis, que je n'ai jamais osé le déranger.


Hier, justement, je profitais du soleil radieux et buvais avidement la chaleur revenue. Un de ses amis que je connais, ben oui, quand on a ses habitudes, on finit par connaître les habitués ! est venu me parler des contes que j'ai dits le jour de la galette des rois du comité des fêtes. Et voilà qu'il me demande si je connais " Richard ". Je lui explique vite fait que je connais l'acteur et l'écrivain, que j'ai pour lui une grande admiration mais que jamais au grand jamais, je ne le dérangerai pour le lui dire.

Et bien, vous savez quoi ? Il est allé le chercher chez lui pour me le présenter, et le Boringher, il est venu !

Nous avons parlé de contes, de conteurs et de tradition orale et de son dernier spectacle, issu de son livre "J'ai trop traîné sous la pluie ".  Il y est conteur, griot, héritier de cette terre d'Afrique qu'il aime avec passion.

C'est un amour ce type là !

Voilà, je suis bien contente et là, pour le coup, mon blog prend un côté " journal intime ", contrairement à ce que j'affirmais il y a quelques jours.

 

Monsieur Richard Boringher est un grand Monsieur et je tenais à le dire !

 

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lire la critique du spectacle "J'ai trop traîné sous la pluie "dans La voix du Nord, l'image en est extraite.

link

 

Couvertures des livres prises sur le site Babelio link



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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 11:33

Merci les copines ! Jeudi soir,j'ai retrouvé  Carol à Aubagne pour écouter du slam. Tu verras, m'avait-elle dit. J'ai proposé à deux autres amies, Yvonne et Audrey, de m'accompagner. Elles ne connaissaient pas du tout ce genre. Moi, je n'en connais pas grand chose non plus, juste ce que Carol m'a déjà fait découvrir, et puis Grand Corps Malade, parce que, lui, tout le monde le connaît.

 

Ce soir-là, Ypnova.... tout juste magnifique ! Un sacré type ! Tendre, drôle, triste, heureux, en colère, poète ... simple et sympathique !

 

Ses textes, de petits bijoux ciselés, le mot juste et fort, le rythme parfait. Et une présence formidable ! J'irai encore et encore l'écouter ! Il n'est pas qu'un artiste local. Si un jour vous voyez son nom sur une affiche, moi, je vous le dis, vous pouvez y aller les yeux fermés mais les oreilles et le coeur grand ouverts.

 

J'ai aussi entendu d'autres slameurs de talents ce soir-là, et puis.... Carol ! C'est elle qui m'a fait découvrir cet art et ses textes me touchent au plus haut point. Je ne m'en lasse pas, je les adore. Je l'ai connue par hasard, merci le hasard !

 

Le slam, c'est aussi les moments de partage, la scène ouverte. Tu es là, tu as quelque chose à dire, tu y vas ... on t'applaudit, on est content, c'est le partage. Et si, comme moi, tu te vautres parce que tu as un trou de mémoire, INDULGENCE, tu sors ton papier, tu recommences et lis ton texte.... on t'applaudit.

 

Ah ! Belle découverte à l'échelle de ce que j'attends de la vie !

 

Vous l'aurez compris: très bonne soirée. Et mes copines Yvonne et Audrey se sont aussi régalées.

 

Voilà l'affiche de la soirée: 

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  Que je vous parles un peu du lieu, tout petit, chaleureux. Tu manges, tu bois un coup ou pas...  tu te trouves un siège où tu le peux, tu assistes au spectacle, parles à tes voisins, fume ta clop dans la ruelle, parles encore à tes voisins....

Tu n'y étais jamais venu, ce n'est pas grave, passé le premier moment d'étonnement, genre: " heu... pas de table vide...  j'ai fait une heure de route...  je vais me mettre où ? Peux pas rentrer à la maison quand même ! "  Passé donc ce grand moment de solitude, le siège, tu le trouves, quelqu'un te l'offre même... La soirée commence et au bout d'un bref moment, tu as l'impression d'avoir retrouvé des potes !

 

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Nous, on a juste bu un coup, mais quand l'odeur de nourriture a commencé à chatouiller nos naseaux, on a eu comme des regrets. Quand les assiettes sont passées, ce furent des remords...

 

La Casa d'Oli, c'est à Aubagne, 6 rue de la liberté, et même l'adresse fait rêver ! Il s'y passe un tas de choses et pas seulement du slam. 

 

Voilà, ce que je souhaitais partager avec vous puisque le thème du jeudi-poésie était le PARTAGE.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:49

Je viens d'admirer ce soir chez Mamie Claude des sculptures d'Auguste Rodin. Cela m'a donné envie de parler de Camille Claudel.

Je ne peux penser à lui sans penser à elle. J'aime cette femme, la beauté de son oeuvre, la force de son âme.

Le sculpteur Rodin est un grand artiste, l'homme Rodin manque d'envergure, il ne me plaît pas. Il fait de Camille sa maîtresse et refuse de quitter sa compagne Rose Beuret, mais en plus il laisse entendre que certaines oeuvres qu'elle présente sont de lui... pas très élégant.

Il est évident qu'ils se sont influencés mutuellement mais elle se distingue car elle cherche à saisir sur le vif le vécu d'un simple geste. De plus, la conception asymétrique et déséquilibrée de ses sculptures traduit son déchirement intérieur. 

Différence également dans le processus de création: elle dégrossit, creuse et modèle elle-même le marbre ou l'onyx afin de voir la lente mise en forme de l'oeuvre. Contrairement à Rodin, elle n'a pas de manoeuvres pour lui préparer le travail.

 

Camille Claudel - 1864 - 1943

 

"Je réclame la liberté à grand cri."

 

Enfermée pour paranoïa en 1913. Elle est morte trente ans plus tard, en hôpital psychiatrique. Seul, le personnel de l'hôpital est présent à ses obsèques. Elle sera mise à la fosse commune puisque ses proches ne réclament pas son corps.

Un internement contesté que la loi autorise... Trente ans ! Seule et abandonnée de tous. Sa mère et sa soeur l'ignorent,  son frère la néglige. Les critiques et les marchands oublient son oeuvre. Niée. Comme si son talent prodigieux n'avait pas existé. On ne la redécouvre que récemment et elle est considérée comme une artiste majeure.

 

 

 

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A Camille

 

Ta jeune beauté, ton talent et ta volonté jetés en pâture dans un monde dominé par les hommes... L'univers de l'art n'est pas plus juste que celui de l'usine ou de l'atelier. A tout juste dix-sept ans, c'est à Paris que tu es allée... "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans", disait Rimbaud. Ah, Camille! Comme tu voulais sculpter !

Sur Rodin, tu es tombée et tout s'est emballé.

 

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Camille, exigeante Camille, tu voulais la liberté. Les griffes, ils t'ont limées, les ailes, ils t'ont rognées pour mieux t'emprisonner. Croyais-tu, innocente, que l'élève pouvait, cela se saurait, son maître dépasser? Tu aurais pu te contenter de le seconder, l'admirer et l'aimer. Il a fallu qu'en plus tu sois douée ! Cet Auguste grisé par le succès, de fierté tout gonflé, a su bien mal t'aimer... Tu l'aimais, pourtant tu l'as quitté. 

 

valse-copie-1.jpgOn dit que tu étais folle, folle, folle à lier. Que s'ils t'ont enfermée, c'est pour te protéger de tous tes excès... Mais l'amour déchiré, l'enfant avorté et l'humiliation assénée, hein? Qu'est-ce qu'on en fait? Au panier ! Folle, je te dis ! Allez ! Chez les aliénés ! En Provence, loin de Paris. Si seulement, on pouvait t'oublier !

 

Ta misère, ta solitude, tes tourments, sujets tabous, frère célèbre... Après le décès de ton père, ni ta mère ni ta soeur ne t'ont jamais rendu visite, ton frère chéri, quinze petites fois... Pourtant quelles lettres tu leur écrivais ! Pauvre Camille, chez les fous abandonnée.


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  Peut-on imaginer ta  douleur quand tes oeuvres tu as brisées ?

Tes larmes étaient-elles de dépit, de rage ou d'amour humilié ?

Camille, douce Camille, et forte, et violente à la fois, j'aime tes oeuvres. Je ressens , chaque fois que mon regard s'y pose, ta douleur et leur ignominie.


Si de là-haut, au paradis des artistes maudits, tu m'entends, écoute, écoute ,oh, toi, notre  soeur, que ton oeuvre est reconnue et admirée. 


"Le rêve et le désir sont immortels"

 

 

J'ai découvert lors de mes recherches deux dates qui me semblent importantes pour comprendre le monde dans lequel Camille Claudel a vécu. Artiste et amante assumée, elle défiait la morale sexiste.

 

A son époque, il était inconcevable qu'une femme ait accès à l'Ecole des Beaux Arts.

1889 : une classe spéciale y est créée pour les femmes

1903 : elles acquièrent le droit de concourir pour le Prix de Rome

 

 

Je vous invite à consulter le lien suivant où j'ai trouvé une partie de mes informations:

http://www.camilleclaudel.asso.fr/  J'ai également consulté d'autres ouvrages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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