Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 08:00

le-defi

 

Tout en fantaisie, Jill link nous propose le thème "poisson" pour le défi de cette semaine. Sous la forme qui nous plaît.... et elle nous souhaite bonne bouillabaisse !

 

C'est vaste, Jill ! Voilà quelques petites choses en guise de participation.

 

port cros 056

 

Matin au port

 

L’œil d’abord vogue loin

On s’émerveille

Les rochers bruns déchiquetés

Tranchent sur l’espace azuré

 

Silence

Murmure du vent

Esquisse d’un chant

Il fait bon encore

 

La vie s’éveille

Bientôt le premier pointu

Apparaît  derrière la jetée

On s’avance

 

Les goélands lui font cortège

Leurs cris déchirent le silence

Le pêcheur sourit

Le soleil brûle nos épaules

 

Rascasses sars et girelles

Lancent des éclats d’argent

Les cigales chantent à tue-tête

Bientôt midi.

 

Mireille

 

port cros 014

 

La bouillabaisse a ses légendes.

Certains la disent née à Marseille, d’autres prétendent que les Grecs l’ont amenée avec eux lorsque la belle Gyptis  épousa le Grec Protis, accosté par hasard en ce lieu, le jour même où le roi ligure Nann voulait marier sa fille.

On trouve trace de ce plat dans la mythologie romaine. Il paraît même que Vénus en fit manger à Vulcain pour l’apaiser jusqu’à l’endormissement avant de rejoindre Mars pour batifoler !

Vous voyez, il s’en raconte des choses au sujet de ce plat délicieux ! (je vous l’accorde : délicieux, à condition d’aimer l’ail et le poisson évidemment…)

Ce qui est certain, c’est que sur  tout le pourtour Méditerranéen, et bien au-delà, le long de toutes les côtes, existent des  recettes  proches pour lesquelles on utilise les ressources locales.

Car évidemment, la bouillabaisse n’est pas née à Marseille ! On la cuisine à Toulon, Hyères, Saint-Tropez, Saint-Raphaël …

A  l’origine, la bouillabaisse était  un plat de pauvre.  Les pêcheurs de chez nous ne partaient pas très loin des côtes.  Ils posaient leurs filets et leurs casiers  le soir puis ils allaient les relever le matin avant le lever du soleil. Bien souvent, ils cassaient la croûte dans une crique. Sur un feu de bois dressé dans les rochers, ils mettaient à cuire les poissons abîmés lors du démaillage, dans un chaudron rempli d’eau de mer. Le bouillon était versé sur des croûtons de pain rassis et le poisson mangé à part. Ce plat rustique ne leur coûtait rien et évitait les pertes. En effet, le poisson abîmé ne se vendait pas. Le retour au port se faisait, et se fait encore, à partir de dix heures. De nos jours, on peut toujours acheter le poisson à l’arrivée des bateaux dans de nombreux ports. Mais il faut savoir, que les restaurateurs sont les principaux clients. Nos pêcheurs n’ont pas toujours assez de poissons pour en vendre aux particuliers.

La pêche varoise est une pêche artisanale côtière. La flotte de pêche est constituée de 250 bateaux de petite taille et 80% d’entre eux ne sont armés que d’un seul marin. Comme le plateau continental est très étroit, le chalutage est impossible. Les poissons de roche sont attrapés à la palangre, au filet, au casier ou au gangui. Cela explique pourquoi, les pêcheurs ramènent moins de poissons que ceux de l'Atlantique.

Les poissons de la bouillabaisse : rascasse,  rouget, saint-pierre, daurade, baudroie, congre, araignées de mer et cigales de mer, remplacées de nos jours par la langouste car la cigale est protégée, on ne peut plus la pêcher. Mais à l’origine, aucune langouste dans ce plat.

Il est important que le poisson arrive entier sur le plat de service, traditionnellement un gros morceau d’écorce de chêne liège, en forme de coupe. Il est découpé devant les convives. La bouillabaisse est toujours accompagnée de croûtons aillés et de rouille. Des pommes de terre en tranches épaisses sont cuites avec le poisson. Toute la difficulté réside donc dans une bonne cuisson, aucun des différents éléments ne doit se désagréger, et dans le dosage des épices. De plus, une bonne rouille n’est pas une vulgaire mayonnaise aillée ! On la monte en utilisant de la pomme de terre cuite dans le bouillon. Ensuite, tout est question d’assaisonnement : sel, poivre, fenouil, safran, paprika et piment d’Espelette pour la rouille, dosage de l’aïl…

Au XVIII° siècle la bouillabaisse a pris ses quartiers de noblesse. C’est maintenant un plat qui revient cher, très cher même, surtout dans un restaurant !

Et si l’addition est souvent salée, la qualité n’est que très rarement au rendez-vous…


Ah ! Elles sont loin les bonnes bouillabaisses de ma grand-mère maternelle et de ma maman !

 

recettes.jpg

 

Dans cet article, je ne vous ai pas donné la recette de la bouillabaisse mais juste quelques indications. Chaque famille provençale a la sienne... la meilleure, évidemment ! Elles sont toutes gardées secrètes. Et oui, c'est comme ça ...

Et puis, il existe suffisamment de bons livres de recettes.

 


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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 21:02

brauquier b

 

Oups !!!

 

Le poème "Marseille sortie de la mer" n'est pas, contrairement à ce que j'ai écrit jeudi de Brauquier mais de Supervielle !

Je le savais en plus ! Je ferai dorénavant plus attention avec les "copier/coller" de word vers le blog... Voilà ce que c'est que de publier quand je suis fatiguée et que je ferai mieux d'aller me coucher...

 

Merci Alice de m'avoir signalé l'erreur.

Par le-panier-a-histoires-de-memette.over-blog.com - Publié dans : poésies du jeudi - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 08:00

brauquier b   Puisque Jill link   ne nous impose rien, j'ai envie, pour ce jeudi poésie, de partager avec vous cette découverte faite il y a quelques années en lisant un roman de Jean-Claude Izzo.

Son personnage principal connait par coeur des vers d'un poète marseillais dont moi, fille du sud, je n'avais jamais entendu parler. Il y avait dans le roman quelques citations.

Et j'ai vibré... alors, bien sûr, j'ai eu envie de mieux connaître ce poète !

Il s'agit de Louis Brauquier.

 

brauquier a

 

Tout d'abord, avant de lire ma page, je vous propose de suivre ce lien:

link

 

Louis Brauquier est né le 14 août 1900 à Marseille. Il passe son enfance à Saint-Mitre-les-Remparts et fait ses études au "Grand Lycée"(actuel Lycée Thiers) de Marseille.

Il commence à travailler en 1918 comme commis des Douanes. Il devient journaliste au Radical en 1920. Bientôt, il rencontre Gabriel Audisio, auquel il sera lié par une grande amitié toute sa vie, et il participe à la fondation de la revue La Coupo. Il rejoint ensuite Fortunio la revue de Marcel Pagnol et Jean Ballard qui deviendra entre les deux guerres Les Cahiers du Sud.

À vingt-deux ans, il est déjà le poète reconnu de Marseille et de la vie portuaire auxquels il consacre son premier recueil Et l'au-delà de Suez. Ses premiers écrits lui valent en 1923 le prix de poésie Catulle-Mendès. Parallèlement, il poursuit des études de droit. Sa licence achevée, il réussit le concours de la Marine Marchande et il entre alors aux Messageries Maritimes. Toutefois, il écrit jusqu'à la fin de sa vie.

Il voyage tout au long de sa carrière, vit successivement à Sydney, Nouméa, Alexandrie, Saïgon. En 1960, retraité, il revient s'installer à Marseille. C'est là qu'il meurt en 1976.

Louis Brauquier était poète mais également  peintre. Il a laissé une oeuvre importante.

 

Ses recueils de poèmes :

L’au-delà de Suez

Bar d’escale

Eau douce pour navires

 Le Pilote

 Liberté des mers

Feux d'Epaves

 

aube marseille

 

Marseille, sortie de la mer

 

Marseille sortie de la mer , avec ses poissons de roche , ses coquillages et l’iode ,
Et ses mâts en pleine ville qui disputent les passants ,
Ses tramways avec leurs pattes de crustacés sont luisants d’eau marine ,
Le beau rendez-vous de vivants qui lèvent le bras comme pour se partager le ciel ,
Et les cafés enfantent sur le trottoir hommes et femmes de maintenant avec leurs yeux de phosphore ,
Leurs verres , leurs tasses , leurs seaux à glace et leurs alcools ,
Et cela fait un bruit de pieds et de chaises frétillantes.
Ici le soleil pense tout haut , c’est une grande lumière qui se mêle à la conversation
Et réjouit la gorge des femmes comme celle des torrents dans la montagne ,
Il prend les nouveaux venus à partie , les bouscule un peu dans la rue ,
Et les pousse sans un mot du côté des jolies filles .
Et la lune est un singe échappé au baluchon d’un marin
Qui vous regarde à travers les barreaux légers de la nuit.
Marseille , écoute-moi , je t’en prie , sois attentive ,
Je voudrais te prendre dans un coin , te parler avec douceur ,
Reste donc un peu tranquille que nous nous regardions un peu
O toi toujours en partance
Et qui ne peut t’en aller ,
A cause de toutes ces ancres qui te mordillent sous la mer.

 

Diapositive2

 

Quai  de la mairie

 

Nervis au seuil des bars tendant leurs espadrilles
Au nu soleil d'été.
Vieux accroupis qui bavent de bien-être. Filles
Aux cheveux dénoués.
L'odeur de la friture et l'odeur des futailles,
Qui coulent sur le quai.
Le douanier malveillant lève sa pipe et bâille.
Des nègres en gaieté,
L'Amphion de la compagnie Sicard de Nice,
Les beaux camionneurs,
Et sur l'eau du Vieux Port, l'épaisse, lourde et lisse
Traîne du remorqueur.
Victor Gélu montrant de tout son cœur les bouges
Autour de la Mairie,
Les pêcheurs de Saint Jean penchant leur bonnet rouge
Sur les filets brunis.
La lutte des enfants autour des balancelles,
L'appel des bateliers,
Et, malgré le soleil et la vie, l'éternelle
Tristesse des voiliers?

 

Diapositive1

 

Ma porte s'ouvre sur la nuit

 

 

Ma porte s'ouvre sur la nuit. Le ciel vacille
Dans l'ombre du Vieux-Port.
Le tremblement de l'eau fait balancer les quilles
Et les vigies. Les Forts
Se profilent sur l'horizon. La lune haute
A pris le quart.
Le circuit lumineux du phare suit la côte
D'un long regard.
Où sont mes compagnons qui remplissaient l'espace
Des appels de leurs voix ?
Le soir, trop lourd pour moi, m'écrase. Les terrasses
Africaines m'envoient
Des bouquets d'orangers. L'Arabe, sous sa tente,
M'offre son amitié.
Et Marseille, tragique, et toujours consentante,
Se découvre à moitié.
On entend dans la rue rouler une voiture
Et le bruit s'éloigner.
Un chant d'ivrogne, place de la Préfecture.
Les bâches sur le Quai,
Paquets de nuit, veillent le sommeil des madonnes ;
Un grand trois-mâts
Allume ses fanaux et part pour Barcelone.
Un douanier s'en va,
Sa lanterne allumée repousse l'ombre noire.
Le transbordeur s'éteint.
Seule, gardant la mer, la patrouille du phare
Elargit son destin.

 

Diapositive3

 

Les images proviennent du net


 

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